CRPF - Poitou-Charentes Centre Régional de la Propriété Forestière de Poitou-Charentes

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- Réchauffement climatique -

Cet espace thématique est consacré aux effets du réchauffement climatique sur les peuplements forestiers de Poitou-Charentes et notamment sur le chêne pédonculé.

- L’impact du réchauffement climatique sur la forêt

On constate d’ores et déjà les premiers effets du réchauffement climatique sur les peuplements forestiers : modification des aires naturelles de répartition des essences, augmentation de la fréquence des tempêtes, sécheresses, dépérissements, ... voir les articles :
L’évolution du climat entraînera un déplacement des essences forestières
Le changement climatique modifiera l’activité des pathogènes forestiers
Le chêne pédonculé souffre en Poitou-Charentes
Le réchauffement climatique remet en cause la gestion des chênaies

Le changement climatique impact la forêt, mais l’inverse est également vrai, comme le montre l’article Climat : les forêts peuvent atténuer l’effet de serre

- Le projet chêne et réchauffement climatique

Présentation et objectifs du projet chêne et réchauffement climatique

Le programme Chêne et réchauffement climatique est réalisé avec le soutien financier de la Région Poitou-Charentes, des ministères en charge de l’Agriculture et de l’Environnement, de l’Union Européenne.

logos financeurs

Les signalements de dépérissements des chênaies de la zone atlantique sont de plus en plus fréquents cette dernière décennie. 1 peuplement sur 4 de chênes pédonculés a été jugé dépérissant en Poitou-Charentes. Ce niveau de dépérissement, jugé préoccupant, a plus que doublé ces 15 dernières années. Conscients que les changements climatiques risquent d’être un défi majeur pour la filière bois et les chênaies en particulier, les CRPF Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Ile de France – Centre, Poitou-Charentes, Aquitaine et Midi-Pyrénées se sont réunis, avec l’Institut pour le développement forestier , pour bâtir un projet ambitieux. Ce projet vise à mieux connaître et détecter les facteurs de dépérissement des chênes pédonculé et sessile en zone atlantique et ainsi de prévenir les risques induits par les changements climatiques globaux.

Aire de la zone d’étude
Aire de la zone d’étude

Les objectifs sont les suivants :

1 -COMPRENDRE, c’est déterminer les risques induits par les changements climatiques globaux ; c’est déterminer le seuil du bilan hydrique à partir duquel les chênes sessile et pédonculé dépérissent sous l’effet d’un stress hydrique.

2 –AGIR, c’est former les forestiers aux techniques de diagnostic et proposer des recommandations sylvicoles pour prévenir et limiter les risques de dépérissements.

3 –PREVOIR, c’est étudier les caractéristiques technologiques de transformation du chêne pubescent pour étudier ses possibilités de développement en boisements ou en régénérations naturelles.

4- COMMUNIQUER c’est diffuser l’information aux propriétaires, gestionnaires, décideurs, mais également informer le grand public via les médias.

Etat des lieux des dépérissements de chêne (module n°1)

Durant l’année 2009, 184 peuplements de chênes (sessile, pédonculé ou en mélange avec du pubescent) ont été observés dans les forêts privées des régions Pays de la Loire et Poitou-Charentes (figures ci-dessous).

Localisation des points mesurés

Le niveau de dépérissement des forêts à dominance de chênes pédonculés est jugé très inquiétant. Le taux de dépérissement des chênes pédonculés est en moyenne 4 fois plus élevé que le chêne sessile. 4 % des 688 chênes sessiles examinés sur les deux régions ont été classés comme dépérissants contre 13 % des 859 pédonculés .

Cette première partie du projet a mis en relation le risque de dépérissement élevé et les facteurs du milieu agissant sur le bilan hydrique (et donc la quantité d’eau disponible pour les chênes) : profondeur de sol, températures et précipitations.

Ce qu’il faut retenir des premiers résultats sur les régions Poitou-Charentes et Pays de la Loire :

1. Surcapitalisation des chênaies : les chênaies sont trop denses

2. Dépérissement inquiétant des chênes pédonculés : ¼ des peuplement de pédonculés est dépérissant en Poitou-Charentes ;

3. Très faibles dépérissements des chênes sessiles ;

4. Identification de quelques facteurs explicatifs de l’augmentation du taux de dépérissement des pédonculés :

- Forêt où la profondeur de sol est insuffisante

- Région où la température moyenne de la saison de végétation > 16,5°C

- Gros risque en Poitou-charentes dans les secteurs où les précipitations sont inférieures à 800 mm

Quels sont les facteurs de risque (modules n°2 et 3)

Les modules n°2 et 3 de l’étude chêne et réchauffement climatique ont montré que l’indicateur P-ETP (pluviométrie moins évapotranspiration potentielle) était intimement corrélé au taux de dépérissements. Il a ainsi été possible, sur la base de données climatiques spatialisées, d’éditer une carte des risques pour le chêne pédonculé.

carte des risques pour le chêne pédonculé



Ce module a également montré que certains chênes présentaient une aptitude à la résilience après un stress hydrique. L’IDF a proposé une clé de détermination des chênes en fonction de leur résilience (protocole ARCHI).

Quelle place pour des chênes plus résistants comme le chêne pubescent ? (module 4)

Avant de penser à implanter des chênes plus résistants, tels le chêne pubescent, le chêne Tauzin, ..., il importe de bien connaître le tempérament des deux grands chênes de Pays. En effet, le chêne sessile pourra éventuellement dans certains cas se substituer au chêne pédonculé.

Voir les articles suivants :
Chênes sessile et pédonculé ont des comportements différents

Dans le cadre de l’étude chêne et réchauffement climatique, l’Institut pour le Développement Forestier a piloté une étude sur le chêne pubescent dont les conclusions sont les suivantes :
Le chêne pubescent vaut le pédonculé

Bien que la qualité de leurs bois soit moins intéressante, les chênes à feuilles persistantes sont également adaptés à la sécheresse

- Pour une gestion forestière adaptée aux évolutions climatiques

Le défi pour les forestiers consiste à adapter la sylviculture, activité de long terme par nature, à des évolutions climatiques de plus en plus rapides auxquelles les essences en limite stationnelle ne peuvent plus faire face naturellement.

Les adaptations portent essentiellement sur le choix des essences, le dynamisme de la gestion et sur quelques astuces de bon sens.

Lors du renouvellement des peuplements, le sylviculteurs devra obligatoirement effectuer une analyse des conditions stationnelles. Outre les éléments climatiques, il évaluera le potentiel de ses sols : voir l’article Les caractéristiques du sol limitent les choix du reboiseur. Il implantera une essence adaptée à la station en prenant une marge de sécurité (voir les fiches essences). Ne pas hésiter à se faire conseiller par un technicien forestier.

En matière de gestion, le sylviculteur s’efforcera, par une gestion dynamique, de ne pas maintenir les peuplements trop serrés. Des peuplements plus sains sont plus résistants aux stress hydriques. Par ailleurs, une gestion dynamique dinimue l’âge de la récolte, ce qui diminue également la probabilité d’être impacté par un accident climatique. Voir l’article Produire plus rapidement diminue les risques .

Enfin, le fait de varier les essences peut contribuer à une meilleure résistance aux effets du réchauffement climatique.

- Liens utiles

SRCAE : Le Schéma régional « Climat, Air, Énergie » découle de la Loi "Grenelle 2". L’objectif de ce schéma est de définir les orientations et objectifs régionaux à l’horizon 2020 et 2050 en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de maîtrise de la demande énergétique, de développement des énergies renouvelables, de lutte contre la pollution atmosphérique et d’adaptation au changement climatique. Il intègrera le schéma régional des énergies renouvelables et le Plan Régional de la Qualité de l’air.

Initiatives Climat, lancé par la Région Poitou-Charentes : "A l’automne 2005, le Forum « Initiatives Climat » a rassemblé 300 acteurs du Poitou-Charentes (collectivités, entreprises, associations et particuliers) pour élaborer un plan d’actions concret : le Plan Régional Initiatives Climat en Poitou-Charentes. Les propositions issues du Forum « Initiatives Climat » sont rassemblées dans un Livre blanc."

Site du GIEC Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) est un organe intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l’ONU. Il « a pour mission d’évaluer, sans parti-pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation."

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