- Après les résineux, l’exploitation mécanisée se développe dans les taillis -

Depuis ses balbutiements dans les années 1970, la mécanisation de l’exploitation forestière a réalisé des progrès considérables. Les premières machines mises au point étaient principalement destinées au façonnage du bois de trituration issu des premières éclaircies de peuplements résineux. L’abattage, l’ébranchage et le billonnage sans tri des produits étaient facilités par la rectitude des troncs et la finesse des branches de conifères.

Aujourd’hui, la plupart des exploitations de résineux est mécanisée dans les régions de plaine tant en éclaircie qu’en coupe rase. On utilise des combinés d’abattage équipés d’ordinateurs qui permettent le tri des produits et leur cubage par catégorie.

A la suite de la tempête de 1999 et face au manque de bûcherons, des têtes d’abattage destinées aux taillis ont vu le jour. Elles sont plus petites et accèdent plus facilement aux brins de taillis dans les cépées. Les couteaux destinés à araser les grosses branches ont été modifiés et permettent aujourd’hui un ébranchage correct.

Suivant le mode de coupe du bois, on rencontre aujourd’hui trois grands types d’abatteuses. Les plus répandues sont celles qui utilisent un guide et une chaîne de tronçonneuse. Ce sont majoritairement des combinés destinés à l’abattage, à l’ébranchage et au billonnage des bois. Ces outils conviennent parfaitement pour l’exploitation des résineux et des petits feuillus de francs pieds. Leur limite réside dans la coupe des grosses cépées de taillis. En effet la multitude de brins sur une même souche réduit les possibilités d’une exploitation rase proche du sol.

Les têtes munies de cisailles hydrauliques sont principalement destinées aux filières trituration et bois énergie. L’exploitation est alors réalisée en arbre entier. Ce type de matériel souvent monté sur pelle mécanique et à proscrire dans les coupes rases de taillis que l’on souhaite régénérer naturellement. En effet, la pression exercée par la cisaille défibre le bois et détériore la souche. Ceci réduit fortement les possibilités de rejets.

Le Feller Buncher permet l’exploitation mécanisée des cépées denses de taillis.
Le Feller Buncher permet l’exploitation mécanisée des cépées denses de taillis.
Un disque à dents au carbure arase la souche et des bras hydrauliques enserrent les brins coupés.
Un disque à dents au carbure arase la souche et des bras hydrauliques enserrent les brins coupés.

Le dernier genre de matériel est du type "Feller Buncher ". Ces têtes d’abattage bien adaptées aux taillis sont équipées de bras rassembleurs qui enserrent les brins. Un gros disque rotatif muni de dents affûtées, sectionne les cépées au ras du sol. Les différents chantiers réalisés démontrent que la régénération des taillis ainsi exploités est bonne. Afin de valoriser au mieux les produits, cet abattage doit être complété par un façonnage et un tri avec un combiné traditionnel à chaîne de tronçonneuse.

Les prix d’achat de ces machines varient suivant leur sophistication et leur puissance. Pour une petite pelle mécanique de 15 tonnes équipée d’une tête, il faut compter environ 220 000 € HT. Les combinés d’abattage de gamme moyenne coûtent quant à eux entre 370 000 et 400 000 € HT. Le prix de revient journalier s’établit entre 650 € pour une pelle et 800 € à 1 000 € pour un combiné. Bien sûr les rendements diffèrent suivant le type d’engin. Dans notre région, en première éclaircie de pins maritimes, les petits matériels coupent 60 à 75 stères par jour et entre 70 et 90 stères pour les plus gros combinés. Par conséquent, le prix de revient oscillera entre 8 et 10 € le stère pour l’exploitation. Si l’on rajoute le coût de débardage qui se situe entre 4 et 5 € le stère, les frais de mobilisation du bois en bords de route seront alors compris entre 12 et 15 €.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
M.Martin - GDF 17
JM. Mounier - AMVFSC
Année 2015 90 Economique
Dans la même rubrique
  1. Le séchage est indispensable à la mise en œuvre du bois
  2. Le prix des forêts a progressé entre 2000 et 2006
  3. La filière bois bûche se professionnalise
  4. Regain d’intérêt pour une énergie renouvelable bon marché : le bois
  5. Les coopératives se regroupent pour s’adapter au marché
  6. Bien choisir sa méthode de vente de bois
  7. Le tiers des bois commercialisés en France est destiné à la trituration
  8. La vente bord de route permet de valoriser les bois grâce au tri
  9. De nombreux paramètres influent sur le prix d’achat d’une coupe de bois d’œuvre
  10. Les beaux jours du piquet de châtaignier et de robinier
  11. La filière bois constitue un atout majeur pour la région Poitou-Charentes
  12. Des plans de massifs pour dynamiser la gestion forestière des petites propriétés
  13. Un contrat de vente écrit pour éviter les contentieux
  14. Inflation sur les travaux
  15. La valeur d’une forêt ne dépend pas que du sol et du peuplement
  16. L’ECIF : un nouvel outil de restructuration foncière basé sur le volontariat
  17. Le boisement contribue à protéger la ressource en eau
  18. Toute vente de bois doit être suivie de près
  19. Le chauffage aux granulés de bois fait son entrée en France
  20. L’ECOCERTIFICATION, le prix à payer pour vendre ses bois.
  21. Du concentré de chêne pour bonifier les eaux de vie
  22. Un gisement de bois régional important : les produits connexes des industries
  23. Un taux réduit de T.V.A. accessible à tous
  24. Le peuplier, emballage propre
  25. L’abattage du châtaignier se mécanise
  26. Une embellie sur le marché du chêne
  27. Tonnellerie : des fûts en manque de chênes régionaux
  28. Baisse de la TVA à 5,5 % pour les travaux forestiers
  29. Commercialisation et reconstitution : l’union fait la force
  30. Seules les forêts assurées seront indemnisées
  31. L’élagage du pin maritime est payant
  32. Mécanisation : une machine abat le travail de six bûcherons
  33. Modes de vente : mode d’emploi
  34. Des premiers résultats encourageants pour les Plans de Développement de Massif
  35. L’éclaircie de taillis : un investissement qui rapporte
  36. La Région finance le boisement des périmètres de captage d’eau potable
  37. En populiculture, la valeur n’attend plus le nombre des années
  38. Les 24 millions d’arbres replantés seront à couper d’ici quarante ans
  39. Le bois nouveau pétrole vert ?
  40. Deux nouvelles usines de déroulage de peuplier pour le grand Sud-Ouest
  41. Un film au service de l’éclaircie de taillis
  42. La surface des forêts françaises commence à diminuer
  43. Des reboisements de qualité mais plus économiques
  44. L’industrie du châtaignier s’adapte aux nouveaux marchés
  45. La comparaison économique entre régénération naturelle et artificielle s’avère délicate
  46. La filière peuplier menacée en Poitou-Charentes
  47. Développer les usages du bois sans augmenter les importations
  48. Marais poitevin : le peuplier sur la sellette
  49. Le chauffage aux bûches doit se moderniser pour mériter le titre d’énergie propre
  50. Tempête et incendie : un nouveau contrat d’assurance pour les sylviculteurs
  51. La chasse peut améliorer les revenus forestiers
  52. Une étude confirme l’efficacité des plans simples de gestion
  53. La ressource forestière régionale ne couvre pas les besoins de l’industrie
  54. Feuillus précieux : des marchés réduits, une demande fluctuante
  55. La filière peuplier aide financièrement la replantation
  56. Vente de bois : une cotisation obligatoire pour l’interprofession forestière
  57. L’essor du bois énergie sera-t-il compatible avec la ressource ?
  58. Les plants de peuplier soumis à redevance
  59. La Cotisation Volontaire Obligatoire : quelques précisions importantes
  60. Après les résineux, l’exploitation mécanisée se développe dans les taillis
  61. La tonnellerie charentaise en tête de la production mondiale
  62. Cuber et estimer une coupe est un vrai métier
  63. Des aides financières localisées pour améliorer les peuplements feuillus
  64. Nouveaux financements privés expérimentaux pour relancer la populiculture
  65. Pas de populiculture rentable sans élagage
  66. Le prix du Chêne en forte hausse
  67. L’intervention d’un gestionnaire forestier est un investissement nécessaire
  68. 2000 chênes pour faire renaître un bateau