L’expérience de gestion durable et écologique menée par la ville de Munich pour la gestion de sa ressource en eau est actuellement l’une des plus citées. En effet, du fait d’une contractualisation poussée avec les agriculteurs et les forestiers, le bassin hydrographique qui surplombe Munich a été reboisé sur plus de 1500 hectares. Cette forêt filtre naturellement 11 millions de mètres cubes d’eau par an. L’eau potable distribuée à près d’1 million d’habitants est d’excellente qualité et ne nécessite qu’un traitement très léger pour la consommation. Cette forêt produit également du bois d’œuvre de qualité dont les produits représentent 580 000 euros par an.
Cet exemple a permis de fournir des chiffres quant à la valeur du service de production d’eau propre rendu par la forêt.
Le surcoût induit par la plantation d’un massif boisé type forêt alluviale sur un périmètre de captage a également pu être calculé, et comparé au surcoût induit en France par des traitements simples (minimum imposé) et les traitements sophistiqués sur de l’eau potable non naturellement protégée (7).
Dans ce sens, de nombreux projets ont déjà vu le jour en France et en Europe :
Une attention particulière est attachée aux moyens de contractualiser les services fournis par les forestiers pour la production d’eau propre. Une première approche se concentre sur les problématiques liées à l’eau potable. Cette approche est menée à deux niveaux.
Des démarches privées reposant sur des mesures de protection forestières ont également vu le jour (protection des sources d’eau de Vittel, protection des sources thermales de la Roche Posay en Vienne,…).
Comme le définit l’article L1 du code forestier : « La politique forestière participe à l’élaboration et à la mise en œuvre d’autres politiques en matière notamment de développement rural, de défense et de promotion de l’emploi, de lutte contre l’effet de serre, de préservation de la diversité biologique, de protection des sols et des eaux, et de prévention des risques naturels. »
Depuis de nombreuses années, le Centre Régional de la Propriété Forestière, Etablissement Public Administratif, conseille et aide les propriétaires forestiers à mieux gérer leur patrimoine. Il invite les propriétaires à raisonner leurs choix de gestion en prenant notamment en compte les enjeux environnementaux et sociaux.
Le Schéma Régional de Gestion Sylvicole (SRGS) rédigé par le CRPF Poitou-Charentes et approuvé début 2005 par le ministre de l’Agriculture insiste sur deux enjeux prioritaires en ce qui concerne la conservation et la gestion des espaces boisés : celui de la biodiversité et celui de l’approvisionnement en eau potable.
En outre, et dans cette logique, les forestiers en partenariat avec l’ensemble de la filière forêt bois se sont dotés de nouveaux outils visant la promotion et la valorisation du produit bois tout en offrant au consommateur l’assurance que le produit qu’il achète provient d’une forêt gérée durablement (marque PEFC).
L’expérience scientifique et technique du CRPF acquise lors de l’accompagnement des candidats au boisement de terres agricoles sur plusieurs centaines d’hectares, a également permis avec l’aide d’autres structures (associations de protection de l’environnement, collectivités territoriales, établissements publics, administrations,…) de mener à bien de nombreux projets en relation avec la protection de l’eau et des milieux aquatiques.
Le CRPF a par exemple lancé un programme d’action sur les ripisylves réalisé avec 6 syndicats de rivières et leurs techniciens et financé par l’Agence de l’eau Loire Bretagne.
Dans le cadre de la Politique de Qualité de la Gestion Forestière Durable (PQGFD) issue de PEFC, le CRPF s’est également engagé dans un programme de réflexion sur les pratiques populicoles dans les vallées, de manière à concilier environnement et production de bois. Trois étapes successives ont ainsi été retenues : inventaire, expérimentation et vulgarisation.
En 2006, le CRPF a voulu aller plus loin en matière de protection et d’amélioration de la ressource en eau, et a lancé une étude sur le boisement en périmètre de protection de captages d’eau potable. La première étape a consisté à démontrer le rôle de la forêt et des boisements sur la qualité et la quantité des eaux. Cette première phase a permis de récolter des données, de faire connaître l’implication du CRPF en matière de protection des ressources naturelles et d’amorcer des partenariats entre les forestiers et les acteurs de l’eau. Cela a ouvert de nouvelles perspectives et a permis d’entreprendre cette nouvelle phase, basée sur l’expérimentation, avec la mise en œuvre concrète de boisements de protection de captages d’eau potable en Poitou-Charentes.
Dans chaque action le CRPF a veillé à maintenir l’équilibre entre animation et investissement. L’accompagnement par la structure animatrice rappelle les enjeux, assure le suivi des réalisations et garantit ainsi le déroulement des opérations de façon à atteindre les objectifs visés.