Les amas de bois, de branchages et surtout de souches résultant de la tempête, ont favorisé le développement d’un cortège d’ennemis et de parasites de nos forêts. Les insectes et les petits rongeurs ont rapidement proliféré. La réalisation des plantations après tempête doit donc être précédée d’un diagnostic définissant les précautions à mettre en œuvre pour limiter les risques parasitaires.
Dans les plantations résineuses, l’hylobe est le principal risque de mortalité des jeunes sujets. Ce charançon, en s’alimentant de l’écorce des jeunes plants, entraîne souvent leur dessèchement et peut détruire des plantations entières. Les attaques ont lieu au printemps et à la fin de l’été. La destruction des souches de résineux permet de réduire les populations en supprimant les lieux de ponte. Toutefois, les souches de douglas n’ont pas besoin d’être traitées car elles ne sont pas colonisées par l’hylobe. Pour limiter le risque, il faut exiger des plants traités en pépinière et éviter de planter de trop petites parcelles au sein de grandes superficies sinistrées.
Quant aux plantations de feuillus, elles peuvent être attaquées par de petits rongeurs. Les mulots et campagnols consomment le collet des jeunes plants. Leur prolifération est favorisée par la présence de couches épaisses de broyats, d’andains et de couverts végétaux dans lesquels ils s’abritent. Des indices tels que les galeries et traces de grignotage peuvent permettre d’évaluer les populations. Lorsque ces dernières sont très importantes, les reboisements sont voués à l’échec. Il est alors préférable de différer de deux ou trois années les plantations. L’élimination chimique de ces petits animaux est à proscrire en forêt : l’utilisation des rodonticides est très réglementée, leur efficacité très variable et les impacts indirects sur les autres animaux peuvent être graves.
Dans les peupleraies, la grande sésie peut provoquer localement des dégâts importants. Les larves, en creusant des galeries au niveau du collet, créent une zone de faiblesse qui entraîne souvent la rupture au moindre coup de vent. Leur activité n’est pas visible de l’extérieur car il n’y a pas d’émission de sciure. Le désherbage localisé autour de jeunes plants, associé à la destruction des souches au broyeur lourd ou à la cisaille permet de limiter fortement les risques.
Enfin, les travaux d’exploitation et de débardage réalisés en urgence ont souvent provoqué l’altération de la structure des sols. Ces terrains doivent être restaurés avant plantation pour favoriser la reprise et la croissance des jeunes plants. Une plantation bien entretenue et vigoureuse sera moins sensible aux attaques parasitaires.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel Mounier AMVFS | 2ème trimestre 2003 | 42 | Technique |