Les Pins maritimes installés sur d’anciennes terres agricoles ont une très mauvaise forme. Sur ces sols riches, les arbres développent de très grosses branches. Leur tronc, naturellement flexueux, est le plus souvent tordu. Enfin, ces tiges très poussantes sont fréquemment attaquées par la Pyrale du tronc, qui profite des anfractuosités de l’écorce pour pondre. Résultat : les arbres, fragilisés par les galeries creusées par les larves, cassent au niveau de la ponte au premier vent violent.
Comme la majorité de ces peuplements est issue de plantation, cette méthode de boisement est accusée de produire des arbres sans avenir. Mais le terrain, trop riche pour le Pin maritime, est le principal responsable. Ainsi, on connaît des peuplements naturels issus de semis, installés depuis plusieurs dizaines d’années sur déprise agricole, qui sont constitués de « Pins de champ » de mauvaise forme.
L’élagage des grosses branches sur les pins les moins déformés a été effectué par certains sylviculteurs. Cette opération, qui doit être réalisée précocement, a tendance à faire grossir encore plus fortement les branches situées au-dessus du niveau où s’arrête l’élagage. Le remède est donc pire que le mal. D’ailleurs, cette opération n’est pas économiquement valable. Les comptages ont montré qu’une plantation sur terrain agricole comporte au mieux 200 pins sans gros défauts par hectare à l’âge de dix ans. Les normes d’élagage prévoient l’ébranchage de deux fois plus d’arbres... Il faut donc adapter la sylviculture à ces peuplements particulièrement poussants. La première éclaircie sera précoce, vers l’âge de dix ans. Elle sera forte et prélèvera 40 à 50% du nombre d’arbres, parmi les plus défectueux.
Une deuxième éclaircie aura lieu vers l’âge de 15 ans. Elle enlèvera le tiers des tiges restantes. Enfin, une troisième intervention laissera 350 à 400 Pins par hectare lorsque le peuplement sera âgé d’environ 18 ans. Ensuite, les arbres seront laissés en croissance libre jusqu’à la coupe rase, qui interviendra avant l’âge de 30 ans. L’objectif : produire rapidement le maximum de bois de sciage de qualité palette. On peut ainsi espérer exploiter 300 à 350 m 3 de bois par hectare, au prix de 130 à 140 francs le m 3. Recette brute : environ 45000 francs par hectare. Ce résultat peut être comparé à celui d’une exploitation normale, vers l’âge de 45 ans, de 350/400 m 3 de bois à 180 francs, soit une recette de 68000 francs. La recette brute annuelle est pratiquement équivalente, aux alentours de 1500 francs par hectare. Une exploitation précoce est donc plus avantageuse. Et une nouvelle génération d’arbres peut ensuite être rapidement implantée. Le sol, devenu forestier, sera alors plus adapté à la croissance d’une forêt de qualité.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel Clupeau CRPF | 1er trimestre 1999 | 25 | Technique |