Au-delà de son image parfois passéiste, le débardage à cheval est bel et bien une activité à part entière pour plusieurs dizaines de professionnels en France. Il peut s’insérer dans une logique économique, à condition qu’il soit employé à bon escient, par des personnes formées et expérimentées.
Le premier atout de cette pratique est la protection de l’environnement forestier : pas de tassement du sol, pas d’ornières, respect des milieux fragiles telles que les zones humides. D’un point de vue technique, ce mode de débardage est particulièrement soigneux du sous-étage, des jeunes semis et n’occasionne quasiment pas de blessures aux arbres d’avenir lors des interventions. Autre avantage, dans les forêts très fréquentées, le cheval effectue un travail en silence, suscitant l’intérêt du public alors que les engins forestiers sont souvent perçus comme des agresseurs.
Très maniable et agile, le cheval peut sortir entre 20 et 60 m3 de bois par jour ; tout dépend du type de chantier et du mode d’organisation adopté. Attention tout de même car tous les travaux ne sont pas à la portée de cet animal. Même s’il est capable de traîner de vraies grumes moyennant un équipement adapté, son pas est lent et sa puissance limitée. Son domaine de prédilection est le débusquage de tiges sur des longueurs maximum de 100 mètres, au cœur des parcelles, là où le travail doit être particulièrement soigné. Il excelle également dans des contextes précis comme le regroupement des bois, le travail en éclaircie ou l’assistance au bûcheronnage. Le cheval s’avère donc complémentaire des engins mécaniques, qui prendront le relais sur les pistes ou layons de débardage. C’est sur l’organisation des chantiers, la synergie entre les bûcherons, le débardeur à cheval et les tracteurs forestiers, que se fondera l’efficacité et donc le développement de la traction animale en forêt.
Du point de vue des prix, il importe de comparer ce qui est comparable. Ainsi, un système combinant débusquage par traction animale et débardage par tracteur peut revenir à 10 à 25 euros le mètre cube selon les chantiers. C’est bien sûr plus cher que les prix habituellement annoncés pour une prestation purement mécanique (5 à 6 €/m3) mais le travail n’est pas le même. Les prestations du débardeur à cheval sont plus pointues (essentiellement des éclaircies), dans des forêts elles même plus complexes. Les fortes contraintes sylvicoles, environnementales ou sociales impliquent en effet un respect du milieu et une qualité de travail irréprochables.
| M. DENIS Jean-Pierre, 2 rue Mussotte, 33113 St Symphorien 05.56.25.77.05 ou 06.87.38.47.30 |
| M. BOUDIN Jean-Yves, Le grand Bueix, 87130 Linards 05.55.69.39.66 ou 06.63.47.55.28 |
| M. BARUGOLA Lucien, St Jean de Fougeras, 24450 Miallet 05.53.52.62.09 ou 06.09.69.31.00 |
| M. BITAUD Igor, Les Bitauds, 16360 Le Tâtre 05.45.78.38.56 |
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| I Barranger - A Guyon CRPF | 4ème trimestre 2009 | 68 | Technique |