Sans le phénomène naturel appelé « effet de serre » qui nous permet de vivre à une température moyenne de 15°C, nous devrions nous contenter de survivre à -18°C. La surface de la terre est réchauffée en permanence par les rayons du soleil. Cet échauffement se manifeste par un renvoi de rayons infrarouges vers l’espace. Une partie importante de ce rayonnement est piégée par notre atmosphère, qui se comporte comme la vitre d’une serre.
L’importance du « piégeage » de cette chaleur dépend de la température, de la pression et surtout de la composition de l’atmosphère. Les gaz tels que la vapeur d’eau ou le méthane sont des gaz à effet de serre très puissant. Le gaz carbonique (dioxyde de carbone) est un gaz à effet de serre modéré mais les activités humaines en rejettent de telles quantités dans l’atmosphère depuis un demi-siècle que son impact vient perturber les climats : sa concentration dans l’air que nous respirons a augmenté de 20 % depuis 1950. Après de nombreux débats au sein de la communauté scientifique mondiale à la fin du XXème siècle, l’impact de ces émissions de gaz sur le réchauffement climatique global, constaté par les météorologues n’est plus contesté, même si l’on n’en connaît pas l’ampleur exacte.
L’essentiel de nos rejets provient de la combustion du carbone dit « fossile ». Stocké sous forme de charbon, de gaz naturel ou de pétrole, on le consomme de plus en plus intensivement depuis le début de l’ère industrielle. Pour éviter le phénomène d’emballement possible du climat et ses conséquences dramatiques, deux voies sont à suivre : diminution de notre consommation de combustibles fossiles et piégeage du gaz carbonique de l’atmosphère. Les forêts peuvent à leur échelle contribuer au développement de la deuxième piste.
En effet, les arbres sont des organismes qui capturent du carbone tout au long de leur vie. Dans leurs feuilles, le processus de photosynthèse piège le dioxyde de carbone atmosphérique, en extrait le carbone et rejette l’oxygène dans l’air ambiant. En moyenne, un mètre cube de bois fabriqué correspond à la fixation d’une tonne de gaz carbonique.
Si après récolte, ce bois est utilisé comme combustible, le carbone fixé est libéré dans l’atmosphère pendant la combustion et le bilan est donc neutre, contrairement à celui de l’utilisation d’une énergie fossile. Mais la meilleure utilisation du bois reste le bois d’œuvre, car dans ce cas, le carbone reste fixé pour quelques dizaines d’années dans des constructions, charpentes ou des meubles. De plus, on diminue l’utilisation de matériaux tels que le béton ou le métal qui consomment beaucoup d’énergie lors de leur fabrication.
Pour être un « puits de carbone » efficace et durable, une forêt doit donc être cultivée pour produire du bois d’œuvre. En effet, une forêt non exploitée, dont on laisse les arbres mourir et se décomposer en relibérant du gaz carbonique, stocke moins durablement celui-ci. A cet égard le terme de « pompe à carbone » serait plus adapté que celui de « puits », par trop statique.
Malgré tout, l’Inventaire Forestier National et l’Institut National de la Recherche Agronomique ont chiffré à moins de 20% la part du carbone fixé par nos forêts par rapport à nos émissions nationales annuelles. Le rôle des forêts est donc très favorable, mais il importe d’en relativiser l’importance et de réduire avant tout notre dépendance vis à vis des combustibles fossiles
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc Demené CRPF | 4ème trimestre 2007 | 60 | Environnement |