Avant d’effectuer une première éclaircie dans un taillis, il est nécessaire de connaître les techniques de marquage des deux opérations à réaliser lors de cette intervention : d’abord l’ouverture d’un cloisonnement d’exploitation et ensuite l’éclaircie proprement dite.
Le cloisonnement consiste à ouvrir un réseau d’allées parallèles destinées à sortir les bois d’éclaircie facilement et sans dommage pour le peuplement restant. Il permet aussi dans les sols limoneux sensibles au tassement, d’éviter que les engins de débardage ne dégradent durablement le milieu et ne portent atteinte à la croissance du peuplement. Les allées sont espacées de 20 à 30 m maximum selon la hauteur du peuplement et doivent avoir une largeur de 4 m. Elles débouchent sur le chemin principal en « arête de poisson », c’est-à-dire avec un angle de 45°. Ceci facilite le débardage et limite les blessures aux arbres en bout de layon.
Le marquage des cloisonnements est effectué en hiver, juste avant l’éclaircie. Une personne équipée d’une boussole et d’une bombe de peinture est capable d’effectuer cette opération qui consiste à repérer l’axe de ces passages. Au fur et à mesure de l’avancée à la boussole, l’opérateur marquera une flèche verticale de chaque coté des arbres situés sur cet axe. Le cloisonnement est indispensable, sauf dans le cas de parcelles très claires, ou très petites et bordées de chemins.
Le repérage préalable des layons favorise ensuite le marquage de l’éclaircie en matérialisant des « couloirs » dans lesquels on progresse.
La marque de l’éclaircie consiste d’abord à repérer à la peinture (cerclage) dans le taillis 80 à 120 tiges d’avenir/ha, soit un arbre environ tous les 10 m. Droites, sans défauts visibles, elles doivent avoir un houppier suffisamment développé pour réagir aux éclaircies. Ensuite, l’opérateur désigne les tiges à supprimer par un trait simple ou une croix de chaque côté de l’arbre. Ces tiges, situées dans l’étage dominant, gênent directement le houppier de l’arbre à favoriser. Il faut éviter de supprimer des tiges dominées pour deux raisons : tout d’abord, elles ne concurrencent pas directement l’arbre d’avenir et ensuite, elles ont un rôle positif en gainant celui-ci (elles évitent les descentes de cime). En pratique, on enlève de une à trois tiges par arbre cerclé.
Pour un œil non averti, il est difficile d’apprécier la distance entre chaque arbre désigné. Nous conseillons donc de vérifier la distance au pas en cas de doute. Pour faciliter l’opération et éviter les risques d’erreur lors de l’exploitation, on emploiera deux couleurs différentes, par exemple un cercle blanc pour les arbres d’avenir et une croix rouge pour les arbres à abattre. Il s’agit des couleurs les plus visibles en forêt.
Après éclaircie, il restera donc les tiges d’avenir (cerclées) et un peuplement d’accompagnement destiné à maintenir une ambiance forestière.
Dans la pratique, ce double marquage est utile lors de la première éclaircie. Il est possible pour les éclaircies suivantes, de ne marquer que les arbres à enlever (marquage en abandon).
La méthode du marquage en réserve, malheureusement couramment pratiquée, qui consiste à ne marquer que les arbres à conserver, est à éliminer. On sait par expérience que, dans ce cas, les éclaircies sont toujours trop fortes et que le sous-étage n’est jamais conservé, ce qui cause ensuite de nombreuses descentes de cimes sur les arbres laissés. Pourquoi désigner 80 à 120 tiges d’avenir ? Ce nombre correspond en gros à la densité finale d’un peuplement à base de chêne. Il importe de désigner très rapidement ces tiges de manière à les mettre en lumière très tôt. Les propriétaires ont souvent tendance à en sélectionner trop. En effet, pour qu’une éclaircie soit efficace, il faut retirer au minimum 1 tige concurrente par arbre désigné. Lorsque l’on désigne 100 chênes/ha, on va ainsi enlever au moins 100 tiges concurrentes par ha. Si l’on favorise 150 à 200 tiges d’avenir parce que l’on a désigné des arbres plus proches, il faut ensuite également enlever 150 à 200 tiges par ha au minimum. Cela a pour effet de déstabiliser et de trop mettre en lumière le peuplement.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Eric SINOU CRPF | 4ème trimestre 2006 | 56 | Technique |