Accueil du siteDossiers thématiquesMilieux naturels > Boiser les périmètres de protection de captages d’eau potable : Intérêts, préconisations et choix de sites pilotes en Poitou-Charentes > D. Présentation des sites pilotes du projet

- D. Présentation des sites pilotes du projet -


C’est ainsi que deux premiers sites pilotes d’expérimentation ont pu être sélectionnés en Poitou-Charentes :

  • le captage de Fraise exploité par la ville de La Rochelle (Anais, Charente Maritime),
  • le captage de Fleury exploité par la Communauté d’Agglomération de la ville de Poitiers (CAP) (Lavausseau, Vienne).
Carte n°6 : Localisation générales des sites pilotes du programme du CRPF  (Source : DIREN – DRASS - CRPF)
Carte n°6 : Localisation générales des sites pilotes du programme du CRPF (Source : DIREN – DRASS - CRPF)

Ces deux sites ont été choisis car :

  • ils présentaient des problèmes de qualité d’eaux dus notamment aux pollutions diffuses d’origines agricoles (nitrates, pesticides).
  • ils étaient déjà engagés dans des démarches d’amélioration de la qualité de l’eau (sites pilotes du programme Re-Sources)
  • les gestionnaires des deux captages possédaient la maîtrise foncière de terrains situés en périmètre de protection de captage, et souhaitaient utiliser le boisement comme méthode de protection durable et écologique de la ressource en eau.

1 : Le captage de Fraise - Bois Boulard

a) Contexte de l’étude

Missions et attentes de la ville de La Rochelle :

La ville de La Rochelle dispose de cinq champs captants (Varaize, Anais, Gué d’Alleré, Fraise et Bois Boulard) qui fournissent environ 35% de ses besoins en eau potable (8 800 000 m3 environ en 2004). L’exploitation de l’eau est gérée en direct par le service des eaux de la ville (Source : Rapports internes de la ville de La Rochelle).

Afin d’améliorer la qualité de la ressource présentant des teneurs en nitrate élevées, restreignant de fait l’exploitation de l’eau, la ville de La Rochelle a souhaité avoir un certain contrôle sur les terrains situés aux alentours de ses captages d’eau potable.

En 2005, suite à la cessation d’activité d’un exploitant agricole, la ville s’est portée acquéreur d’une cinquantaine d’hectares, dispersés en dix parcelles réparties majoritairement à l’intérieur du projet de périmètre de protection rapprochée (PPR). La transaction s’est faite pour une somme de 320 000 €. La ville de La Rochelle a ainsi voulu marquer les esprits et le territoire en affirmant sa volonté d’améliorer l’eau de ses captages tout en mettant en valeur des terrains en milieu rural (Source : Rapports internes de la ville de La Rochelle).

Les terrains situés à l’intérieur du périmètre de protection immédiate (PPI) proposé par une étude hydrogéologique (environ 6 ha) appartenaient à la ville depuis longtemps et ont été gérés par celle-ci (couvert herbacé et plantations d’arbres d’essences diverses sous la forme d’un parc arboré). En revanche, les terrains en PPR appartiennent majoritairement à des privés et sont affectés à l’agriculture intensive pour l’essentiel, au même titre que l’ensemble du bassin versant alimentant la nappe.

En 2006, la ville de La Rochelle, souhaitant réaliser des aménagements exemplaires permettant d’améliorer durablement la qualité de la ressource, a confié à la LPO Charente-Maritime le soin de réaliser un plan de gestion pour les terrains qu’elle venait d’acquérir à l’intérieur des champs captants qu’elle exploite (Fraise et Bois Boulard).

Suite aux recommandations du plan de gestion, la ville de La Rochelle souhaite désormais boiser 3 des 10 parcelles qu’elle a acquises à l’intérieur du futur PPR (soit une surface à peu près égale à 11 ha). Après que la ville de La Rochelle a pris connaissance du projet de boisement en périmètre de captage d’eau potable mené par le CRPF Poitou-Charentes, celui-ci est entré en contact avec la ville. Le service de l’eau n’ayant pas ou peu de compétence en matière de boisement et de gestion sylvicole, La Rochelle a accepté la proposition du CRPF d’étudier chacune de ses parcelles et de réaliser un itinéraire technico-économique de plantation, ce qui a constitué l’un des éléments forts du présent stage (cf. ANNEXE II, III et IV, la fiche boisement pour la parcelle N°3 est en cours de rédaction). Cette étude doit permettre à la ville :

  • de connaître la faisabilité des boisements sur chacune des parcelles, en identifiant les contraintes et les facteurs limitants,
  • d’identifier chacune des étapes de réalisation et de suivi du boisement : de la préparation du sol à la gestion du futur peuplement, en passant par les travaux de plantation et d’entretien,
  • d’avoir une évaluation des coûts du boisement sur chaque parcelle,
  • de connaître les différents aides financières pour le boisement.

Le but reste de faire réaliser ces boisements par un organisme compétent (Coopératives forestières, entreprises de travaux forestiers,…) ou d’avoir recours au personnel de la ville dans les meilleures conditions techniques et le plus rapidement possible.

L’objectif d’amélioration de la qualité de l’eau potable est le point de départ des réflexions sur les différentes formes de boisement à installer. Le paramètre biodiversité vient complèter les recommandations au niveau du choix des essences et de la gestion compte tenu des habitats et des espèces rencontrés sur le territoire (prairies inondables).

La ville de La Rochelle a ici l’occasion de s’afficher une nouvelle fois en tant que référence en matière de gestion raisonnée et écologique, et de porter une dynamique nouvelle en matière de protection des captages d’eau potable.

Présentation du site d’étude : Le captage de Fraise :

Le champ captant de Fraise est implanté à une vingtaine de kilomètres à l’Est de la ville de La Rochelle sur les communes de Vérines, St Médard d’Aunis et St Christophe à 1,5 km environ au sud-ouest du bourg d’Anais et à la confluence des ruisseaux « Le Virson » et « Le Machet » affluents du « Curé » qui se jette un peu plus au nord dans « la Sèvre Niortaise ». Cette situation excentrée s’explique par la meilleure qualité de l’eau dans ce secteur qu’à proximité de l’agglomération Rochelaise.

Carte n° 8 : Localisation des champs captants de Fraise et Bois Boulard  (Réalisation : Deniset, Source : carte IGN 1/100 000)
Carte n° 8 : Localisation des champs captants de Fraise et Bois Boulard (Réalisation : Deniset, Source : carte IGN 1/100 000)

Il fournit environ 18 % de l’eau potable exploitée par la ville de La Rochelle (environ 1,5 millions de m3 en 2004). Le bassin d’alimentation s’étend sur 23 km2. Il est orienté Ouest-Est, il est drainé par le Machet lorsque celui-ci n’est pas à sec. Les bassins d’alimentation des captages de Fraise et Bois Boulard sont regroupés au sein du même PPE qui couvre une superficie d’environ 59 km2 (Source : Rapports internes de la ville de La Rochelle).

Le projet de PPR retenu est commun aux deux champs captants et couvre une superficie de 357 ha répartis entre les communes d’Anais, St Christophe, St Médard d’Aunis et Vérines.

Les terrains compris dans le futur PPR se situent à l’interface entre deux grands ensembles écologiques et paysagers : la plaine d’Aunis et le marais Poitevin. La majorité des terrains appartient à la plaine d’Aunis (la quasi-totalité à l’échelle du PPE) et une partie du PPR est constituée de terres de marais (altitudes inférieures à 5 m environ), qui sont définies comme étant du marais mouillé, n’étant pas protégées des inondations.

Carte n° 9 : Localisation des périmètres de protection des captages de Fraise et Bois Boulard (Source : carte IGN 1/25 000)
Carte n° 9 : Localisation des périmètres de protection des captages de Fraise et Bois Boulard (Source : carte IGN 1/25 000)

Les principales étapes des procédures réglementaires liées au champ captant de Fraise-Bois Boulard sont rappelées ci-dessous.

Mars 1996 Délibération de la Collectivité pour la mise en place des périmètres de protection du captage
1999 Lancement des études préalables
Avril 2000 Etude géologique, hydrogéologique et environnementale préalable à la définition des périmètres de protection - (GEO-LOG CONSEIL)
Juillet 2001 Avis de l’hydrogéologue agréé « Définition des périmètres de protection à instaurer autour des captages de « Fraise » et de « Bois Boulard » - (Patrice SQUARCIONI )
Mars 2002 : Emission de la notice d’incidences au titre de la loi sur l’eau du champ de Fraise et de Bois Boulard - (GAUDRIOT CENTRE)
Mars - Avril 2007 : Enquête publique pour l’établissement des périmètres de protection des captages d’eau potable de « Fraise » à Vérines et « Bois Boulard » à Anais.

2 : Le captage de Fleury

a) Contexte de l’étude

Missions et attentes de la Communauté d’Agglomération de la ville de Poitiers :

La Communauté d’Agglomération de Poitiers (CAP) assure en régie directe la production et la distribution d’eau potable, ainsi que la collecte et le traitement des eaux usées de 8 des 12 communes qui la composent : Biard, Buxerolles, Chasseneuil-du-Poitou, Mignaloux-Beauvoir, Migné-Auxances, Montamisé, Poitiers et Saint-Benoît. La CAP assure une production en eau potable de l’ordre de 10 000 000 m³/an, permettant d’alimenter environ 33 000 abonnés, ce qui correspond à une population voisine de 130 000 habitants. La zone alimentée par la CAP couvre une superficie d’environ 26 000 ha. Le réseau de distribution comporte une unité de traitement (la station de Bellejouanne), 20 châteaux d’eau et 860 km de réseau enterré (Source : Rapports internes de La CAP).

La CAP dispose de 6 sites de production, dont 1 en eau superficielle (la Varenne, prélèvement dans le Clain pour 20% à 30 % du volume total produit) et 5 en eaux souterraines :

  • la galerie drainante de Fleury,
  • des captages (source de Fontaine, champ captant de Sarzec, champ captant de Charassé, forage à l’Infra-Toarcien de Fleury).

La ressource en eau fournit par la galerie drainante de Fleury présente des problèmes majeurs de qualité (turbidité et teneurs en nitrates élevées). Ces problèmes de pollution ont obligé la CAP à diluer l’eau fournie par la galerie drainante de Fleury avec une autre ressource captée en profondeur présentant de faibles teneurs en nitrates. Ce mélange a restreint de fait l’exploitation d’eau potable, le volume d’eau fourni par la galerie drainante de Fleury passant de 40 % du volume total produit par l’ensemble des 6 sites de production d’eau potable de la CAP en 2003, à environ 20 % en 2004 et 2005 (Source : Rapports internes de La CAP).

Une nouvelle hausse du taux de nitrate présent dans l’eau exploitée pourrait entraîner la fermeture du captage. Celle-ci serait extrêmement dommageable pour la CAP.

La définition des périmètres de protection immédiate et rapprochée proposée par avis hydrogéologique n’ayant pas encore été validée, les parcelles du périmètre immédiat ne sont pas encore toutes propriété de la CAP et les parcelles du périmètre rapproché ne sont pas encore protégées.

Voyant la nécessité de mettre en place rapidement, des mesures de protection durable et efficace de la ressource exploitée, la CAP s’est cependant lancée dans des procédures d’acquisition foncière de terrains situés dans le futur périmètre de protection immédiate de captage (l’acquisition des terrains situés en PPI étant obligatoire).
Même si les parcelles ne sont pas encore acquises, la CAP souhaite dès maintenant établir un programme d’action et définir le mode d’occupation de ses futurs terrains. L’établissement du programme d’action se fait dans le cadre du programme Re-Sources (le bassin d’alimentation de Fleury, rappelons-le étant un des 15 sites pilotes).

Suite aux différentes rencontres organisées au cours du stage par le CRPF, un partenariat est né avec la CAP. En effet, l’animatrice Re-Sources, chargée du bassin d’alimentation de Fleury, a fait appel au CRPF pour l’élaboration de fiches actions.
Ces fiches actions concernent la gestion de boisements existants situés dans le futur PPI et la gestion d’une ancienne peupleraie venant d’être récoltée, également située en PPI.

Le CRPF, par l’intermédiaire du projet de stage doit :

  • mener une étude préalable sur chacune des parcelles devant être acquises, afin d’identifier les contraintes et les facteurs limitants,
  • proposer des modes de gestion adaptés à la protection de l’eau sur les différentes parcelles, mais également évaluer l’impact (notamment écologique) des modes de gestion actuellement utilisés ou envisagés.
  • établir les différents itinéraires technico-économiques décrivant chacune des étapes des travaux ainsi que l’évaluation de leur coût et des besoins humains et matériels.
  • identifier les différentes aides financières pour le boisement, l’acquisition de terrains en PPC et la gestion des boisements existants. Pour plus d’informations, on se référera aux ANNEXES V, VI, VII, VIII et IX (le document en annexe VI ne constitue pas le document définitif, il s’agit des premières préconisations de gestion élaborées au début du stage. Le document final est en cours de rédaction,).

Présentation du site d’étude : Le captage de Fleury :

Le captage de Fleury se situe sur la commune de Lavausseau (86, Vienne). La galerie drainante de Fleury, qui capte la nappe supratoarcienne, est exploitée depuis plus d’une centaine d’années. Elle a été creusée en 1881 dans les calcaires du Bajocien (Dogger ou aquifère supratoarcien) à faible profondeur (entre -3 m et -4 m) afin de capter des venues d’eau de l’aquifère. Pour diversifier ses sources d’alimentation en eau potable, la CAP a réalisé plusieurs champs captants par forage entre 1988 et 1993 dont un se situe à Fleury (forage à l’Infra - Toarcien à Fleury, commune de Lavausseau). Les eaux du forage à l’Infra Toarcien mélangées à celle de la galerie drainante (nappe supratoarcienne) sont acheminées en gravitaire via l’Aqueduc de Fleury (d’une longueur d’environ 20 km) jusqu’à la station de traitement de Bellejouanne (Source : Rapports internes de la ville de La CAP). La production moyenne journalière à partir de la galerie drainante (qui reçoit également les eaux du forage à l’Infra-Toarcien de Fleury) est comprise entre 600 m3/jour et 16 000 m3/jour. Des problèmes qualitatifs récurrents rencontrés à Fleury (turbidité, teneur en nitrates) peuvent amener la CAP à rejeter une grande partie des eaux captées. S’agissant d’un captage par drain, la productivité est dépendante de l’état de la ressource en eau souterraine et donc des conditions météorologiques qui conditionnent la recharge interannuelle de l’aquifère supratoarcien (Source : Rapports internes de la ville de La CAP).

L’historique de la mise en place de la protection sur la galerie drainante de Fleury peut être résumé comme suit :

  • compte-rendu de la Commission captages de la CAP en date du 26 mai 1999,
  • compte-rendu de la Commission de concertation sur la galerie drainante de Fleury en date du 29 juin 1999,
  • délibération de la CAP, le 22 novembre 2002, pour la mise en place des périmètres de protection des eaux souterraines,
  • rapports de l’hydrogéologue agréé de février 1997 sur le forage de l’Infra-Toarcien, de février 1999 sur la galerie drainante de Fleury du Supra- Toarcien et de septembre 2002 sur la mise en place des périmètres de protection de l’ensemble forage - galerie de Fleury.
    Il n’existe pas encore d’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique, le dossier relatif à la protection étant en cours d’instruction.