Huit nouveaux cultivars ont été récemment homologués en Italie. En application de la réglementation européenne, ils peuvent être employés dans notre pays. S’ils ne sont pratiquement pas disponibles chez les pépiniéristes, en revanche ils sont présents, en petit nombre, dans plusieurs de nos essais.
L’ensemble de ces huit clones possèderaient une croissance au moins comparable à celle de I.214. Ils sont résistants à la maladie des taches brunes (Marssonina brunea), et présentent globalement une assez bonne tolérance aux rouilles.
Parmi eux, deux cultivars Deltoïdes (peupliers noirs nord américains) sont aussi inscrits au catalogue français des espèces commercialisables, et sur la liste des peupliers subventionnables en Poitou-Charentes. Ce sont les clones Dvina et Léna. Comme tous les peupliers de ce groupe, ils possèdent une assez forte branchaison et exigent un suivi important en taille de formation.
Les autres cultivars sont tous des Euraméricains (hybrides entre peupliers noirs du continent nord-américain et peupliers noirs européens). Ils ne peuvent être subventionnés que par dérogation, pour une utilisation en expérimentation. Ainsi Taro semble s’adapter à de nombreuses stations, tout comme Lambro, bien que ce dernier n’apprécie pas les sols mouilleux. Soligo serait également assez « plastique » mais posséderait une plus forte branchaison. Les branches de Brenta sont nombreuses mais resteraient assez fines. Mella présente un tronc particulièrement droit.
Tous les clones précédemment cités ont été sélectionnés par l’Institut public de Casale Monferrato. Un pépiniériste privé de l’Italie du Nord (Allasia) s’est lui aussi lancé dans l’expérimentation. Il a pu récemment introduire sur le marché le cultivar A4A. Celui ci présente une belle forme et sa croissance juvénile serait bonne.
Avant d’arriver à une utilisation courante de ces nouveaux matériels végétaux, il est nécessaire de les installer à titre expérimental sur une plus grande échelle. C’est une étape incontournable pour bien appréhender leur comportement et leur adaptation aux conditions de stations de notre région. A terme, l’intérêt majeur de ces cultivars sera d’assurer une plus grande diversité de la peupleraie régionale. Rappelons que cette notion de diversification est essentielle en populiculture, notamment vis à vis des problèmes sanitaires.
Pour le peuplier, les instituts de recherche sélectionnent des clones qui, à ce stade, portent un numéro. Les meilleurs sont proposés à la commercialisation (multiplication par bouturage en pépinière) en vue de leur culture. Ils deviennent alors des cultivars. Leur numéro d’origine est souvent remplacé par un nom (exemple : I.69/55, devenu Lux).
Dans cet article, les deux mots sont utilisés indifféremment.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Rousset ADEP | 4ème trimestre 2004 | 48 | Essences |