Les espèces invasives présentent plusieurs caractéristiques. Tout d’abord, elles ont été introduites accidentellement ou volontairement en dehors de leur aire de répartition naturelle. Ensuite leur extension échappe souvent à tout contrôle. Enfin, elles peuvent appauvrir considérablement les écosystèmes qu’elles envahissent.
Parmi les arbres, l’ailante (Ailanthus altissima), d’origine chinoise, se montre très envahissant. Il rejette très facilement de souche après coupe et produit de nombreux drageons. Ses graines ont une capacité de germination particulièrement élevée. De croissance très rapide, il s’accommode pratiquement de tous les climats et de tous les sols. On le trouve fréquemment sur le littoral charentais. L’érable negundo (Acer negundo) provient d’Amérique du Nord. Ses graines ailées favorisent sa propagation, notamment dans les ripisylves du marais Poitevin et de la Charente. Citons également le cerisier tardif (Prunus serotina) qui produit une quantité impressionnante de graines disséminées par les oiseaux.
Pour limiter l’extension des invasives, de nombreuses méthodes curatives ont été testées. Elles peuvent être mécaniques (arrachage, fauchage…), biologiques ou chimiques. Ces techniques, lourdes et couteuses ne peuvent pas être utilisées à grande échelle. Elles doivent être réservées aux sites à forts enjeux environnementaux et/ou en tout début d’invasion. Dans les autres cas, faute de pouvoir contrôler la situation, on ne pourra qu’observer la mise en place d’un nouvel équilibre à plus ou moins long terme.
Citons le cas particulier du robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia), dont l’introduction remonte au XVIIè siècle et qui peut désormais être qualifié d’espèce naturalisée. Son bois, quasiment imputrescible peut constituer une alternative très intéressante aux bois exotiques comme le teck. Son éradication n’est plus d’actualité hormis dans les milieux particulièrement riches d’un point de vue biologique. Dans un passé plus lointain, le châtaignier, introduit à l’époque gallo-romaine, s’est progressivement développé. Il occupe aujourd’hui plus de 20 000 ha en Poitou-Charentes et fait partie intégrante du paysage forestier régional.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Marc Mounier - Alain Persuy CRPF | 4ème trimestre 2011 | 76 | Environnement |