En Poitou-Charentes, le Chêne Rouvre et le Chêne Pédonculé sont traditionnellement regroupés sous la dénomination "chêne de pays".
Bien qu’ayant un tempérament et des exigences assez différents, ils ont néanmoins en commun une fâcheuse tendance à buissonner dans leur jeune âge. En effet, la dominance de la pousse terminale de ces deux espèces n’est pas marquée comme chez le Frêne, l’Erable, le Merisier et surtout les résineux.
C’est pourquoi, il est conseillé de planter les chênes de pays à des densités très fortes, comprises entre 1900 et 2200 plants/ha. La concurrence qui s’exercera alors rapidement entre les plants limitera leur développement latéral, améliorant du même coup leur forme générale. Mais avec un prix moyen situé entre 2,60 F et 2,90 F HT/plant, le prix de revient d’un boisement en chêne atteint un niveau très élevé.
Aussi, le choix et le contrôle des plants sont primordiaux. Il faut si possible s’orienter vers des plants de 2 ou 3 ans dont la racine principale a été sectionnée en pépinière après la première année de semis (plants "soulevés" de type 1S1 ou 1S2). Ils mesurent normalement entre 40 et 60 cm de hauteur. Une attention particulière doit être portée à la présence de plusieurs grosses racines principales.
L’habillage des plants avant leur mise en place est également à soigner : les fourches en tête doivent être supprimées et les racines légèrement raccourcies pour éliminer les extrémités desséchées. Contrairement à de nombreuses essences feuillues les plants de chêne de pays présentent de nombreux petits rameaux latéraux. Il est tout à fait inutile, voire déconseillé, de les couper.
Concernant la préparation des terrains, il faut tenir compte du caractère pivotant du système racinaire des chênes. Un sous-solage est donc conseillé avant labour. Dans le cas d’un boisement de terres agricoles toujours très compactées, cela devient même capital.
L’installation d’un boisement en chênes de pays est donc coûteuse. Néanmoins, grâce aux densités recommandées, des économies seront faites sur les tailles de formation et les élagages qui deviendront alors quasiment inutiles. Le tout reste d’appliquer ensuite une sylviculture volontaire pour pouvoir produire du chêne de qualité.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Yves Lacouture CETEF | 3ème trimestre 2000 | 31 | Technique |