Une futaie régulière est constituée d’arbres du même âge issus de graines ou de plants. En Poitou-Charentes, la quasi-totalité des futaies régulières est issue de régénération artificielle par plantation. C’est en effet la meilleure méthode pour obtenir rapidement et pour un coût raisonnable une futaie pleine, d’arbres producteurs de bois d’œuvre. Mais des dégagements et des coupes d’éclaircie sont indispensables pour assurer la pérennité de ce mode de traitement sylvicole.
Après coupe à ras de la futaie arrivée à maturité, une plantation est réalisée sur terrain nettoyé des rémanents de la coupe. La densité de plantation est toujours élevée : on installe entre 1200 et 2000 jeunes plants âgés de 6 mois à 3 ans maximum. Ces arbres ont une capacité de reprise bien meilleure que des sujets plus âgés qui subissent une crise de transplantation toujours dommageable.
Au cours des cinq premières années, le peuplement doit être dégagé de la végétation concurrente. Les genêts et ajoncs sont ainsi par exemple particulièrement gênants. Les dégagements sont manuels sur les lignes de plantation et mécaniques dans les interlignes. Ces opérations sont indispensables pour obtenir un peuplement complet et homogène, sans grands vides.
La forte densité d’installation permet d’obtenir une meilleure forme des tiges. Par ailleurs, elle facilite le choix des arbres d’avenir. Le sylviculteur coupe progressivement les arbres en surnombre mal conformés ou qui gênent les beaux sujets. Ces coupes d’éclaircies permettent aussi d’assurer quelques recettes au propriétaire. La première éclaircie a lieu, lorsque la hauteur des arbres atteint 12 à 14 mètres et que le couvert s’est fermé. Selon l’essence et la station, cette opération a lieu 10 à 30 ans après la plantation. Elle enlève entre le quart et la moitié des tiges.
Les éclaircies suivantes, au nombre variant de trois à cinq, sont programmées tous les 5 à 15 ans en fonction de la vitesse de croissance de l’essence. Elles retirent à chaque passage moins d’un tiers du peuplement en volume ou en nombre de tiges. Elles sont indispensables pour obtenir une croissance en diamètre régulière et sans à coups des arbres d’avenir destinés à constituer le peuplement final.
Le sylviculteur veillera à maintenir ou à favoriser l’installation d’un sous-étage qui tient un rôle de diversification notamment en futaie pure (une seule essence) et un rôle de gainage évitant le développement de branches basses altérant la qualité du bois.
| Essences | Age d’exploitabilité | Densité finale/ha |
|---|---|---|
| Châtaignier | > 30 ans | 100 à 300 |
| Grands Chênes | > 100 ans | 60 à 150 |
| Merisier, Frêne, Chêne rouge d’Amérique | > 50 ans | 60 à 150 |
| Cèdre | > 60 ans | 150 à 300 |
| Douglas | > 50 ans | 150 à 300 |
| Pin Maritime | > 40 ans | 150 à 300 |
| Autres pins | > 50 ans | 150 à 300 |
Le peuplement arrivé à l’âge de la coupe comporte 60 à 300 beaux arbres par hectare, d’un diamètre généralement compris entre 40 à 60 cm. Le propriétaire réservera une partie des recettes de la coupe finale pour financer la réinstallation d’un nouveau peuplement. Le cycle de la futaie régulière peut ainsi continuer…
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Julie Meluc et Jean-Michel Clupeau CRPF | 1er trimestre 2008 | 61 | Technique |