- En Charente limousine, le Châtaignier fraisé concurrence les bois traités -

Benjamin BARRE est le dirigeant de la Société LIMOBOIS basée à Ansac sur Vienne (16) qui fabrique des produits à base de châtaignier fraisé.

Bois et Forêts : Pouvez-vous nous présenter l’activité et l’origine de votre entreprise ?

Benjamin Barré : J’ai créé mon entreprise en 2011, après avoir quitté le groupe aéronautique américain pour lequel je travaillais. Je souhaitais revenir dans ma région d’origine, le Limousin, pour valoriser un savoir-faire et des produits locaux. Je me suis donc orienté vers le bois et en particulier vers le châtaignier, essence emblématique de la région. Je fabrique des rondins fraisés que je valorise sous différentes formes : piquets, clôtures, mobilier d’extérieur, barrières…). Mes clients sont aussi bien des particuliers que des collectivités ou des paysagistes. Les marchés locaux représentent 50 % de mon activité, l’autre moitié correspondant à des ventes sur le reste de la France voire à l’étranger via mon site internet.

B. & F. : Pour quelles raisons vous êtes-vous orienté vers ce type de produits ?

B.B. : Le rondin fraisé en châtaignier possède de nombreux atouts. Sur le plan environnemental, cette essence est naturellement durable. Le fraisage élimine tout l’aubier, seul le duramen – bois de cœur – est conservé. La durée de vie de mes produits est assez longue, je l’estime à 25-30 ans. Lorsque ceux-ci arrivent en fin de vie, leur recyclage ou élimination ne génère ni surcoût ni pollution. Sur le plan économique, l’offre en produits à base de rondin de châtaignier fraisé est très faible et la demande augmente, contrairement au pin traité. Il s’agit d’un produit esthétique, robuste nécessitant peu d’énergie pour être transformé et qui génère une valeur ajoutée supérieure au piquet.

B. & F. : Quels types de bois utilisez-vous et comment vous approvisionnez-vous ?

B.B. : Même si je dispose d’un catalogue de produits standards, je fais beaucoup de sur-mesure. J’utilise donc des bois de longueurs et de diamètres très variés. Néanmoins, les tuteurs pour des aménagements paysagers et les clôtures normandes représentent une part importante de mes ventes. J’ai donc besoin d’une grande quantité de bois de 2,5 à 3 m parfaitement droit et d’un diamètre fin bout de 7 à 16 cm. Bien que je paie ces bois plus chers que le piquet traditionnel, je suis confronté à des problèmes d’approvisionnement. Afin d’optimiser mes rendements, je recherche en priorité des perches de 6 m que je recoupe moi-même en fonction des commandes. La rectitude des bois est le critère le plus important.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
Année 2015 91 L’interview