Le prix de vente au mètre cube du peuplier n’est plus fonction de sa grosseur. En 1980, les arbres de plus de 2 m3 pièce se vendaient très cher et très facilement, ce qui n’est plus le cas. Les industries se sont en effet modernisées et elles recherchent du bois plus petit, mais de haute qualité. C’est dans l’intérêt du populiculteur, qui raccourcit ainsi la durée de production et donc les risques liés au vent.
Mais à quelle grosseur faut-il récolter ? En vallée de la Garonne, les arbres sont vendus dès que la circonférence moyenne atteint 120/130 cm. Le principal débouché étant l’emballage, il faut des arbres à bois clair, donc jeunes. En Poitou-Charentes, cette circonférence serait plutôt de 140/150 cm, voire 160 cm. L’usage en contreplaqué implique en effet des arbres plus gros.
Comparons donc les « objectifs grosseurs » de 130 et 150 cm. Dans le premier cas, sur une base de 180 arbres élagués vendables par hectare, le volume peut être estimé à 230 m3 à un âge voisin de 17 ans. Dans le second cas, il est de 320 m3 à 22 ans. Le prix constaté de vente au m3 ne variant pas (base 45 € en 2008), les recettes respectives sont de 10 350 € et 14 400 €. Les revenus bruts annuels s’établissent donc à 609 € pour l’objectif 1 (10 350 : 17) et à 654 € pour le second objectif (14 400 : 22). La différence est donc faible. Néanmoins, durant les 5 ans nécessaires pour l’obtention de bois plus gros, le rapport brut annuel est de 810 € [(14 400 – 10 350) : 5]. Ce "gain" n’est pas négligeable, d’autant plus que cela correspond à une période où la peupleraie n’exige plus de soins.
En fait, la question est de savoir si, pour une augmentation du revenu annuel de 201€ (810€ - 609€), on accepte le risque d’un accident climatique ou sanitaire. Malheureusement aucune réponse n’est possible. Cette durée de 5 ans reste limitée, mais chacun garde à l’esprit la tempête de 1999 et celle toute récente qui a touché l’Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Que le choix se porte sur 130 ou 150 cm, tout planteur doit, tant que ses arbres croissent normalement, les laisser sur pied jusqu’à l’obtention de cette « circonférence objectif ». Il peut alors avoir intérêt à les conserver deux ou trois années de plus si les cours du bois du moment sont trop bas. Mais aussi, en cas de prix élevés, il peut avoir intérêt à les couper dès les 130 cm atteints ! Cela suppose donc que le forestier surveille la croissance de ses peupliers en les mesurant chaque année.
Par ailleurs, tous les essais et calculs qui en découlent montrent qu’il n’est jamais intéressant d’exploiter ses arbres après 18 ans. En effet, en pure logique financière, le taux de placement des capitaux investis chute systématiquement après cette période.
Enfin et dans tous les cas, d’autres paramètres influencent le prix de vente. L’importance et la qualité des lots, la facilité d’exploitation, la distance de débardage sont autant de facteurs entrant en ligne de compte.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| A.Thillou - B. Jarny CRPF | 3ème trimestre 2009 | 67 | Economique |