Depuis la fin des années 80, les forestiers constatent des dépérissements dans certains taillis de châtaignier. Plusieurs facteurs en sont à l’origine. Si le chancre est le principal responsable, il semble qu’il soit, au moins en certains endroits, en voie de régression. La maladie de l’encre, quant à elle, est peu développée dans notre région.
Ces attaques peuvent être provoquées ou accentuées par des mauvaises conditions stationnelles (climat, sol) ou une sylviculture inadaptée.
Il arrive par exemple que, dans des terrains peu favorables à leur croissance, des brins de châtaignier, déjà affaiblis, s’accommodent mal des caprices de la météo. C’est ainsi que des hivers trop froids ou des étés trop secs peuvent être fatals. Ce constat avait été fait, à la fin des années 80, dans des taillis implantés sur des sols pauvres à texture grossière en Gâtine.
Parallèlement, on peut s’interroger sur l’existence d’un lien entre les pratiques sylvicoles et le dépérissement du châtaignier. Le traitement répétitif des bois en taillis entraîne un vieillissement de l’ensouchement qui provoque une perte de vigueur et de qualité des peuplements. Par ailleurs, l’âge d’exploitation qui se situait aux alentours de 20 ans avoisine désormais les 30 à 35 ans. Il n’est donc pas étonnant, dans ce contexte, de trouver des arbres au houppier sous-dimensionné, qui crèvent sur pied.
Une étude a été réalisée en 2003 dans la région de Romagne (Vienne) à l’initiative de l’Association pour la Promotion du Châtaignier à Bois, dans une zone à fort dépérissement. Elle a permis de confirmer que la mortalité était largement liée à la présence du chancre. Celui-ci, très virulent il y a une dizaine d’années, semble se stabiliser, voire régresser, contaminé à son tour par une souche dite « hypovirulente » qui permet aux châtaigniers toujours vivants de cicatriser leurs plaies. Les prélèvements effectués par l’Institut National de la Recherche Agronomique ont fait état de la présence en grand nombre de ces antidotes naturels ce qui constitue un indicateur plein d’espoir pour l’avenir. Les forestiers de la région Languedoc-Roussillon ont fait le même constat. Touchés par le chancre 15 ans avant nous, ils observent aujourd’hui que les attaques se sont marginalisées ce qui leur permet d’envisager un nouveau départ pour la sylviculture de leurs châtaigniers.
Dans la région de Romagne, on a pu constater que les taillis vieillis et denses, sont majoritairement dépérissants en tête. Par contre, dans les quelques parcelles éclaircies, les brins attaqués ont souvent conservés un houppier intact. Ils portent bien évidemment les traces de l’attaque du chancre mais ils semblent avoir retrouvé une nouvelle vitalité. Une sylviculture dynamique peut ainsi permettre d’obtenir des arbres en meilleure santé.
Pour en savoir plus : " Le châtaignier un arbre, un bois" – 2ème édition - IDF
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Martial Hommeau CRPF | 2ème trimestre 2005 | 50 | Technique |