... ou les forestiers doivent s’investir dans l’élaboration du plan de chasse... Cet article fait suite à l’article « Le grand gibier en surnombre peut menacer l’avenir de la forêt » du n° 53.
Tout propriétaire forestier doit se soucier de la maîtrise de la densité du grand gibier : l’outil adéquat reste le plan de chasse. En parallèle, il réfléchira aux possibilités existantes pour rendre sa forêt moins sensible à la pression des cerfs et des chevreuils.
Lorsqu’une propriété boisée fait l’objet d’une cession du droit de chasse (onéreuse ou gratuite), son propriétaire se devrait d’avaliser ou d’orienter le plan de chasse demandé par les chasseurs. De plus, il trouvera intérêt à participer aux réunions locales organisées par les ACCA* ou les Sociétés de Chasse ainsi qu’aux réunions de secteur concernant la préparation des plans de chasse. Il doit y exprimer les problèmes posés à sa gestion forestière.
Quand les populations animales ne sont plus en équilibre avec le milieu et que les dommages mettent en péril les habitats forestiers, la déclaration des dégâts auprès des instances administratives départementales s’avère indispensable. Ce document appuiera une demande d’augmentation de plan de chasse. Des formulaires sont disponibles auprès de votre Syndicat forestier. Lorsque les problèmes sont trop importants, le préfet peut ordonner une battue administrative, pour décantonner des animaux ou baisser le niveau d’une population.
Afin de prendre en compte la grande faune dans sa gestion forestière, le propriétaire devra aussi adapter sa sylviculture et protéger ses boisements. La densité de grand gibier présent est-elle compatible avec l’état boisé ? Les zones exploitées régulièrement sont-elles suffisantes pour diluer les dégâts ? Les milieux ouverts (bordures de chemins, emprises, landes…) et les jeunes peuplements de moins de 10 ans doivent représenter au moins 20 % de la surface du massif forestier. Facile à mettre en œuvre sur les grandes propriétés, cet étalement des exploitations est beaucoup plus délicat à réaliser dans les zones fortement morcelées. Dans une forêt âgée, toute coupe crée une aire d’alimentation qui concentre la faune locale.
L’entretien des plantations doit être adapté. Ainsi, le pied du plant sera protégé par une végétation d’accompagnement (sauf graminées) mais sa tête sera maintenue à la lumière.
La mise en place des protections fait aussi partie de la prévention des dégâts. Elle est indispensable pour tout boisement ou reboisement réalisé avec une faible densité de plants. C’est le cas en particulier des peupleraies, des noyeraies. La pose de protections individuelles laisse un libre l’accès libre de la parcelle aux animaux.
Les clôtures électriques et les répulsifs s’avèrent souvent peu efficaces en milieu forestier. Les engrillagements constituent le système de protection le plus efficace et le moins onéreux pour les grandes surfaces (plus de 5 ha). Ils sont aussi le constat d’un échec, car les meilleures zones de gagnage pour la grande faune ne sont plus accessibles et les dégâts se concentrent sur d’autres zones. Toutes ces techniques demandent de la surveillance et un entretien important.
En tout état de cause, le moyen de prévention le plus efficace reste la surveillance et le contrôle des niveaux des populations animales dans le respect d’un plan de chasse adapté.
* Association Communale de Chasse Agréée
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Patrick CASTANO CRPF | 2ème trimestre 2006 | 54 | Technique |