Tout sylviculteur peut avoir un jour besoin de cuber un ou plusieurs arbres abattus et doit donc connaître la méthode à utiliser dans ce cas.
L’arbre est un être vivant, dont la forme ne coïncide pas avec celle d’un volume mathématique simple tel le cône ou le cylindre. Les forestiers ont donc choisi une formule qui soit à la fois simple à utiliser par chacun et approchant suffisamment le volume réel de l’arbre à mesurer. La formule permet de calculer le volume dit « commercial » d’une grume, c’est-à-dire du tronc jusqu’à la découpe marchande bois d’œuvre de l’arbre. Au-dessus de cette section, le houppier de l’arbre est généralement débité en petit bois destiné au chauffage ou à la trituration et mesuré en stère une fois empilé.
Le volume de la grume est calculé ainsi : il est assimilé à celui d’un cylindre qui aurait pour base la section de l’arbre en son milieu et pour longueur celle de la grume. On doit donc préalablement mesurer les deux valeurs suivantes : longueur de la grume à cuber et diamètre de celle-ci en son milieu à l’aide d’un pied à coulisse. Le volume commercial est ensuite calculé par la formule suivante : longueur x diamètre x diamètre x /4. Pour obtenir le volume en mètre cube, il faut évidemment exprimer la longueur et le diamètre en mètre.
Le mètre cube réel est la seule unité légale autorisée et reconnue aujourd’hui dans les transactions. Certaines unités comme le mètre cube au cinquième déduit, autrefois couramment utilisées sont aujourd’hui totalement proscrites, car elles ne font qu’entretenir la confusion entre le vendeur et l’acheteur.
Pour estimer le prix d’un arbre abattu, on peut souvent avoir besoin de distinguer deux qualités très différentes sur le même arbre. Par exemple, une grume de chêne peut présenter une bille de pied de deux mètres cinquante apte à la tonnellerie et une surbille de 8 mètres qui sera destinée à la charpente. Dans ce cas, on applique la même formule à chacune des parties de l’arbre. On mesure et on cube séparément les deux parties de la grume comme s’il s’agissait de deux arbres différents. On appliquera ensuite un prix adapté à chacune des qualités définies pour estimer la valeur totale de la bille.
Pour ceux que le calcul numérique rebute, il existe des tables à deux entrées appelées « barème de cubage des arbres abattus ». Une fois mesurés la longueur et le diamètre médian, le tableau donne immédiatement le volume de la grume. Il ne faut pas les confondre avec les tarifs de cubage des arbres sur pied, qui nécessitent généralement de connaître le diamètre de l’arbre à 1,30 m de hauteur et qui sont d’un usage beaucoup plus délicat. Un article dans le prochain numéro sera consacré à ce thème.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc DEMENE CRPF | 1er trimestre 2007 | 57 | Technique |