L’aulne glutineux, aussi appelé vergne, a une très bonne capacité à maintenir les berges des cours d’eau. Son système racinaire crée un véritable maillage, qui pour un arbre adulte stabilise jusqu’à 6 mètres de rive. Ses racines ont par ailleurs la particularité de fixer l’azote contenu dans le sol. En bordure de parcelle agricole, comme les autres essences de la ripisylve, l’aulne glutineux limite le lessivage des nitrates vers les eaux des rivières.
Peu connu dans notre région comme arbre pouvant produire du bois d’œuvre, il est très prisé dans l’Est de la France par les fabricants de meubles. Sa valeur moyenne se situe entre 60 et 125 € le m3 sur pied. Son bois, jaune à l’abattage, s’oxyde rapidement en prenant une coloration rougeâtre. Immergé dans l’eau, il devient imputrescible. On s’en est même servi comme pilotis pour construire Venise. C’est un bois tendre et léger, se travaillant facilement. Ses utilisations vont des panneaux de particules pour les bois de moindre qualité, au déroulage pour le contre-plaqué, et sciage pour la menuiserie et l’ébénisterie. Autrefois, l’aulne était très utilisé dans la fabrication des sabots.
Le vergne est à planter de préférence en bordure de cours d’eau, lors de la reconstitution ou la création de bandes boisées, en mélange avec des saules et des arbustes des milieux humides. En vallée, il peut trouver sa place dans des sols trop humides pour le peuplier. En effet, il a une grande exigence en eau et supporte bien l’asphyxie par inondation. Essence pionnière par excellence, l’Aulne glutineux tolère des sols de pH variant de neutre à très acide. Exigeant en lumière, sa croissance rapide compense une faible longévité.
Pour obtenir du bois d’oeuvre de qualité, des élagages précoces et réguliers dès l’âge de 5 ans sont nécessaires. Ils permettent d’arriver rapidement à l’obtention d’une bille de 6 mètres. Les tailles de formation ne sont pas indispensables, car l’aulne possède une dominance apicale très marquée. L’objectif est de produire 300 tiges par hectare en 35-40 ans.
Sur un plan sanitaire, on observe une augmentation des cas de dépérissement. Les causes sont multiples : variation du niveau d’eau des rivières, vieillissement de l’ensouchement, qualité de l’eau… Le champignon phytophtora alder dont les spores se dispersent au fil de l’eau constitue probablement un facteur aggravant. Tout projet d’implantation devra donc en tenir compte.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Eric Sinou CRPF | 3ème trimestre 2003 | 43 | Technique |