Les cours du Pin maritime n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’avant la tempête de 1999. Le marché est actuellement demandeur de bois de 0,7 à 1 m3 pièce, pour une utilisation dans l’industrie de la palette ou du caissage. Les gros bois souffrent de la diminution du débouché lambris, pourtant emblématique pour le pin des Landes ! Dans ces conditions, certains propriétaires pensent que l’élagage artificiel du pin est inutile car n’apportant à terme aucune plus-value. Nous ignorons cependant quels seront les besoins des transformateurs dans trente ou quarante ans…
L’administration forestière régionale, elle, a fait son choix. Elle a décidé en juillet dernier de ne plus subventionner les élagages de Pin maritime, tout en les conservant pour le Pin laricio et pour le Douglas.
L’investissement non négligeable que constitue l’élagage doit donc être raisonné. Le schéma classique conseille de réaliser une première opération vers l’âge de 7 à 8 ans sur 400 arbres par hectare pour obtenir 3 mètres de tronc net de branches. Cette opération coûte 350 à 400 euros par hectare. Elle permet d’obtenir au moins une bille de pied propre et reste donc conseillée, même en l’absence de subvention. Un deuxième passage est classiquement prévu au moment de la première éclaircie vers l’âge de douze à quinze ans.
L’élagage est monté à 5,50 m de haut sur les 300 plus belles tiges par hectare, pour un coût minimum de 300 euros. Cette deuxième opération peut être économisée afin de limiter les investissements, au détriment bien sûr de la qualité du bois produit. On ménage ainsi le portefeuille du sylviculteur tout en permettant la production d’une certaine proportion de bois sans nœud. Elle est déjà appliquée par des gestionnaires de très grands domaines forestiers aquitains.
L’utilisation de plants de Pin maritime génétiquement améliorés, le maintien d’une densité de plantation suffisante (1600 tiges par hectare), la réalisation d’éclaircies régulières et un élagage sur les seuls trois premiers mètres constituent les bases à respecter pour obtenir du bois de qualité.
Attention ! Les propriétaires qui ont bénéficié d’aides financières avant le 1er juin 2004 pour la reconstitution de parcelles sinistrées se sont engagés à présenter à 14 ans une parcelle comportant 300 pins élagués sur le tiers de leur hauteur.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel CLUPEAU CRPF | 1er trimestre 2006 | 53 | Essences |