Quelles que soient les essences qui les composent, les taillis de mauvaise venue posent problème aux propriétaires forestiers soucieux d’améliorer leur patrimoine. Quand leur qualité ne permet pas la conversion en futaie, il est tout de même possible de les améliorer en y effectuant des plantations à faible densité, si la richesse du sol est suffisante.
La méthode consiste à installer les lignes de plantations tous les 10 m d’axe en axe aussitôt après l’exploitation du taillis. En présence d’une essence envahissante telle que le châtaignier, une dévitalisation des souches voire un broyage partiel avant plantation sont vivement recommandés. Plus on tarde à installer les jeunes plants après abattage du taillis, plus la concurrence des rejets sera vive et les dégagements fréquents.
Les plants de feuillus précieux (merisier, érable sycomore, noyer noir d’Amérique, chêne rouge d’Amérique, frêne…) seront installés en potets travaillés (ex. tarière sur tracteur) à une densité de 100 à 400 tiges par hectare. Il n’est pas indispensable d’apporter une fertilisation « starter » localisée, mais il conviendra d’être très prudent en ce qui concerne la pression du grand gibier. Les protections contre le chevreuil devront être efficaces et durables. Les plants seront encore mieux préservés, si l’on étale à leur pied les rémanents d’exploitation.
Le propriétaire devra suivre les jeunes plants en taille et élagage(s). En outre, des dégagements de végétation contre les repousses de fougères, ronces… pourront s’avérer nécessaires : le forestier veillera non point à ôter ou détruire toute végétation adventice, mais à conserver la tête des plants bien dégagée. Il pourra aussi ultérieurement éclaircir le recrû du taillis et en sélectionner les meilleurs brins. Les interventions ultérieures ne concerneront plus dans une telle parcelle qu’un entretien par broyage ponctuel, destiné uniquement à permettre l’accès pour suivre les arbres.
L’expérience montre qu’une plantation d’enrichissement peut coûter aussi cher qu’une plantation en plein. Le peu de plants installé doit être protégé et suivi de très près. Le propriétaire doit s’impliquer, car la condition d’une telle réussite passe obligatoirement par un travail en régie.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Bruno Jarny CRPF | 3ème trimestre 2004 | 47 | Technique |