- L’exploitation mécanisée des taillis se généralise -

L’exploitation mécanisée des taillis a pris son essor à la suite de la tempête de 1999. Les difficultés d’exploitation, le manque de main d’œuvre et la dangerosité des peuplements déracinés ont accéléré l’évolution prévisible du bûcheronnage. L’utilisation des abatteuses mécaniques était déjà une pratique courante dans les peuplements résineux. C’est donc tout naturellement vers ces engins que les entreprises se sont orientées pour exploiter les taillis.

Les abatteuses sont extrêmement maniables, ce qui permet de respecter les peuplements en place.
Les abatteuses sont extrêmement maniables, ce qui permet de respecter les peuplements en place.

Une abatteuse est composée de trois parties principales. Le tracteur assure la mobilité et la puissance de l’engin. La tête d’abattage, véritable robot équipée d’une lame de tronçonneuse, abat, ébranche et débite les brins à la longueur programmée.

Un bras articulé relie les deux parties, transmet les différentes commandes de l’opérateur et permet d’atteindre le pied des arbres.

L’utilisation d’une tête d’abattage dans les taillis a demandé quelques adaptations. L’approche des brins est délicate du fait qu’ils sont souvent regroupés par cépées. Pour obtenir une coupe le plus près possible du sol, la technicité et le savoir-faire du chauffeur sont déterminants. Globalement, les résultats obtenus peuvent se rapprocher de l’abattage manuel. En cas de cépées très denses, il est parfois nécessaire d’associer abatteuse et bûcheron. Autre difficulté, la branchaison des chênes et châtaigniers est moins régulière que celles des résineux. Aussi, les constructeurs ont-ils dû adapter les têtes d’abattage en modifiant et multipliant les jeux de couteaux ébrancheurs. Enfin, la grosseur des brins de taillis est généralement faible. C’est la raison pour laquelle les exploitants préfèrent utiliser des modèles plus petits, qui doivent rester robustes. Les têtes d’abattage sont en effet très sollicitées et doivent impérativement résister aux chocs récurrents qu’elles subissent en permanence.

On considère que, dans un taillis, une machine effectue le travail de 5 à 6 bûcherons. Les rendements varient sensiblement selon les chantiers réalisés et les produits à trier. Dans un taillis de châtaignier, pour lequel l’opérateur doit façonner quatre à cinq produits différents, la production plafonne à 55-60 stères/jour. A titre de comparaison, une abatteuse peut largement abattre 120 à 160 stères de bois par jour dans une belle futaie résineuse.

L’évolution technique n’est pas terminée. Ainsi depuis peu, apparaissent des « feller buncher ». Ces engins sont équipés d’un gros disque qui sectionne l’ensemble de la cépée au ras du sol pendant que des bras enserrent et rassemblent les brins.

Les pratiques et matériels d’abattage progressent rapidement. Attention cependant à garantir le respect des sols, des souches et partant la pérennité des peuplements.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Martial HOMMEAU
CRPF
3ème trimestre 2013 83 Technique
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