- L’exportation des rémanents appauvrit souvent les sols -

Le sol est constitué de matières organiques, d’éléments minéraux, d’air et d’eau. Les éléments minéraux tels que l’azote, le phosphore et le potassium sont indispensables à la croissance des arbres. La présence de calcium et de magnésium améliore la structure du sol et donc sa fertilité physique. En effet, une bonne structure favorise la circulation de l’air, la rétention de l’eau et donc la croissance des végétaux.

Les éléments minéraux stockés dans les végétaux sont prélevés dans le sol. En l’absence d’exportation, cette perte est temporaire puisque les éléments minéraux sont perpétuellement restitués au sol. Par contre, toute récolte aboutit à terme à une baisse de la fertilité. En agriculture, celle-ci est compensée par des apports réguliers d’engrais.

En forêt, l’exploitation forestière traditionnelle limitée aux grumes et au bois d’industrie prélève très peu de minéraux du sol puisque ceux-ci sont très minoritaires dans ces parties de l’arbre. Par contre, il est prouvé que 75 % des nutriments contenus dans le bois se trouvent dans les jeunes rameaux de moins de 7 cm de diamètre. Le feuillage, qui ne représente en moyenne que 5 % de la biomasse de l’ensemble d’un peuplement, contient jusqu’à un tiers de la masse totale des minéraux. Plus le peuplement est jeune, plus ce pourcentage est élevé. Par conséquent, une exploitation totale de la biomasse forestière ne peut être envisagée que si la fertilité du sol le permet.

Le guide « La récolte raisonnée des rémanents » rédigé par les organismes de recherche forestière, déconseille ce type d’exploitation sur sol pauvre dont le pH est inférieur à 5 (sols acides). Sur les autres terrains, il est conseillé de ne pas récolter les rémanents plus d’une fois tous les 25 à 30 ans. Sur les sols particulièrement riches comme ceux des vallées à peupliers, il n’y a pas de restriction à l’exploitation totale des arbres. Dans tous les cas, l’exportation doit être réalisée hors feuille pour limiter la perte d’éléments minéraux.

En revanche la conservation des rémanents présente des avantages : protection de la régénération contre la dent du gibier, limitation de l’orniérage et du tassement des sols par les engins, préservation de la micro-faune du sol.

Pour protéger le sol, une dissémination des rémanents aurait été préférable à leur mise en andains.
Pour protéger le sol, une dissémination des rémanents aurait été préférable à leur mise en andains.

La forêt va être le gisement le plus sollicité pour atteindre les objectifs fixés pour 2020 par le Grenelle de l’environnement en matière d’énergies renouvelables. Mais la mobilisation du bois énergie ne doit pas se faire au détriment de la production de bois d’œuvre, ni de la qualité des sols, ni de la préservation de la biodiversité.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Marjorie NIORT
CRPF
4ème trimestre 2014 88 Environnement
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