Depuis dix ans, le marché du bois de châtaignier vit une importante mutation. Alors que les utilisations traditionnelles perdent régulièrement des parts de marché, on assiste à l’émergence de nouveaux produits, dopée par une demande croissante des clients ou des prescripteurs en matériaux naturels. Si l’on ajoute à cela les démarches enclenchées récemment de normalisation des débits, on peut espérer voir le châtaignier s’immiscer bientôt dans des segments de marché où il était jusqu’alors absent.
La production de sciages, qu’il s’agisse de plots ou d’avivés diminue régulièrement. En 10 ans, le volume produit a pratiquement été divisé par deux, suivant en cela la tendance observée pour l’ensemble des sciages feuillus. Pour le châtaignier, elle est en bonne partie liée à une chute des exportations vers l’Espagne et le Portugal.
Entamé depuis une vingtaine d’années, le recul du marché du parquet et du lambris se poursuit. Les consommateurs recherchent des lames plus larges et de nouvelles concurrences, notamment chinoise, apparaissent. Nos scieurs réagissent en s’orientant vers les lames de terrasse et le bardage. Le développement industriel de ce dernier est toutefois suspendu à l’homologation d’un traitement de fixation des tanins.
Le marché de la charpente est par nature étroit du fait de l’inadéquation entre les grosses sections demandées et la ressource disponible en Poitou-Charentes. Les Italiens utilisent traditionnellement le châtaignier dans leurs constructions. Ils achètent même 70% de leurs gros bois directement sous forme de grumes dans le Nord de la France. Pour le moment, nos taillis ne peuvent que fournir des débits nécessaires aux petites sections de charpente. Le maintien et le développement de ces débouchés passent par une normalisation officielle des débits, désormais obligatoire pour tous les matériaux utilisés en structure dans les constructions. Les industriels y travaillent…
Les fabricants de piquets et de clôtures ont toujours un bon niveau d’activité et investissent dans du matériel performant. Ce secteur permet désormais d’utiliser le bois qui ne trouve plus de débouchés en parquet et lambris.
L’image du châtaignier, matériau local et naturellement durable, devient un réel atout de marketing. C’est ainsi qu’il vient de franchir la porte des jardineries pour les équipements de plein air. Il intéresse enfin de plus en plus les collectivités qui souhaitent utiliser un matériau non traité pour leurs aménagements extérieurs (rambardes, espaces jeux…).
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Martial HOMMEAU CRPF | 2ème trimestre 2011 | 74 | Economique |