Les maisons bois connaissent actuellement un véritable essor dans notre pays, à tel point que les professionnels du bâtiment ne peuvent pas répondre à toutes les demandes. On estime en effet que sur un marché potentiel national estimé à 18 % des maisons individuelles en secteur diffus, seules 4 à 5 % sont effectivement réalisées avec une structure bois.
Il faut dire que les maisons bois disposent de sérieux atouts pour séduire les futurs propriétaires. Tout d’abord, les techniques sont éprouvées. La maison bois symbolise parfaitement le mariage entre tradition et modernité. Les magnifiques édifices à colombage ayant traversé les siècles témoignent d’un réel savoir faire en la matière. Celui-ci était basé sur l’utilisation d’éléments de bois verticaux de forte section entre lesquels un remplissage en torchis, brique ou terre était effectué. Deux des trois principales techniques utilisées actuellement s’inspirent de ce principe en le modernisant. Il s’agit de l’ossature bois et du "poteaux-poutres". La troisième technique, celle des murs réalisés par empilage (de rondins ou de madriers) est peu utilisée dans notre région.
Dans l’ossature bois, la structure de la maison est constituée d’un ensemble de montants et de traverses en bois de faibles sections, peu espacés. Ils forment un cadre sur lequel on vient fixer des panneaux à base de bois qui assurent à l’ensemble une grande rigidité. On parle de" murs panneaux" ou de" murs caissons". Le « poteaux-poutres », comme son nom l’indique, utilise des bois de plus fortes sections espacés entre eux de quelques mètres. Cette structure permet de dégager de larges espaces pour des baies vitrées par exemple. Dans les pays tels que les Etats-Unis, la Scandinavie ou le Canada, plus de 90 % des maisons individuelles construites sont en bois et utilisent majoritairement ces procédés.
La solidité des structures et les principes constructifs permettent de valoriser des terrains et des situations complexes (fortes pentes, surélévations délicates, sols faiblement porteurs…). Les maisons bois ne fissurent pas et n’ont pas de durée de vie limitée : maçonnerie ou bois, tout n’est qu’une question d’entretien ! La souplesse architecturale (larges volumes intérieurs, ouvertures à la lumière) ainsi que l’utilisation d’un matériau noble et chaleureux créent une ambiance très agréable. Mais le principal atout reconnu à ce type de construction est l’isolation thermique qu’elle procure. La combinaison du matériau bois utilisé en structure avec des isolants thermiques épais, qui s’intercalent entre les montants verticaux, permet d’obtenir d’excellentes performances et de supprimer les phénomènes de pont thermique, très fréquents en maçonnerie.
Des interrogations subsistent néanmoins concernant le feu, les termites et l’entretien du bois, notamment en extérieur. En matière de feu, il faut savoir que le bois attaqué par les flammes se consume lentement, sans dégagement de fumées toxiques et sans perte des propriétés mécaniques. A l’inverse, les charpentes métalliques ploient très rapidement et le PVC émet des gaz toxiques. Les tarifs d’assurances incendies, moins chers pour le bois, sont d’ailleurs révélateurs en la matière. Dans certaines régions bien identifiées, une protection contre les termites s’avère nécessaire. Le traitement du sol avant réalisation des fondations et le respect des techniques constructives garantissent la pérennité de l’ouvrage. Quoi qu’il en soit, tous les bois utilisés actuellement dans les structures sont réglementairement traités contre les termites.
Enfin, les constructions à ossature bois permettent l’utilisation de nombreux types de revêtements extérieurs : bardage bois, brique, pierre, crépis… Les parements peuvent être réalisés en essences brutes naturellement durables (douglas, châtaignier,...), ou en bois traité par autoclave. Si on ne souhaite pas qu’ils grisent avec le temps, il est nécessaire d’appliquer une couche de finition et/ou de prévoir une architecture adaptée (débords de toit, orientation…). On peut ainsi obtenir avec certains traitements (peintures, lasures) des fréquences et des coûts d’entretien équivalents voire inférieurs aux enduits de maçonnerie.
Les questions liées aux coûts et à l’organisation de l’offre constructive dans la région seront traitées dans le prochain numéro.Lire 2ème partie
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Arnaud Guyon CRPF | 3ème trimestre 2004 | 47 | Technique |