- La diversification des produits valorise mieux les bois locaux -

Le groupe familial JOSLET comprend 3 unités : la scierie JOSLET qui regroupe l’exploitation forestière et le sciage feuillu, la scierie ST Bois, spécialisée dans la production de palettes et caisses et l’usine de seconde transformation et séchage CBST. Ces 3 sites, regroupés dans un rayon de 10 km autour de Chasseneuil sur Bonnieure (16), emploient une centaine de salariés et font appel à une trentaine de sous-traitants.

Bois et Forêts : La ressource locale est-elle adaptée aux besoins d’une scierie industrielle comme la vôtre ?

Jean-Paul Joslet : Chez nous, c’est l’outil industriel que nous avons adapté à la matière première et pas l’inverse. Partant de ce principe, la diversité des massifs forestiers est progressivement devenue un atout pour notre établissement. En effet, cela nous a amené à avoir une réflexion approfondie sur la manière de valoriser les bois et nous avons aujourd’hui un outil de production très performant. Même si nous devons nous adapter au marché, nous cherchons au maximum à imposer nos standards.

B. & F. : Comment vous êtes-vous adapté pour valoriser le chêne régional ?

J-P. J. : Nous ne sommes pas spécialisés sur une gamme de produits. Nous sommes la scierie française feuillue la plus diversifiée : charpente, merrain, frises et avivés (7 qualités), plots, traverses, bois de chauffage, staves (pièces de chêne utilisées pour améliorer l’élevage des vins en cuves). Côté ressource, nos chênes de pays sont souvent caractérisés par du bois à gros grain et des nœuds souvent sains. Pour mieux valoriser cette ressource, nous venons d’investir 1,4 M € dans une unité entièrement automatisée de production de carrelets. Il s’agit de pièces de bois normalisées résultant de l’assemblage de petites sections de faible longueur, collées entre elles et utilisées pour la fabrication des huisseries. Nous produisons également des alternatives aux tonneaux (staves toastées, copeaux). En complément, notre usine de seconde transformation nous permet de produire des panneaux lamellés collés, des plans de travail, du parquet… La variété des produits commercialisés nous permet pour le moment de mieux supporter la crise économique actuelle.

B. & F. : Quels sont les freins à une meilleure valorisation des bois locaux ?

J-P. J. : Actuellement, certains bois de sciage partent pour le bois énergie et nous craignons que ce phénomène s’accentue. De nombreuses grumes de chêne s’exportent en Chine et reviennent sous forme de produits finis. Dans ce contexte, nous cherchons de plus en plus à imposer nos produits à l’étranger. Pour cela, la normalisation des débits est incontournable et le regroupement des producteurs permettrait d’accéder au "grand export". Dans cette optique, nous réfléchissons à la création d’une nouvelle unité qui permettrait de scier des petits et moyens diamètres et donc de mieux valoriser les petits bois locaux, comme le châtaignier. La difficulté est de trouver une banque prête à financer un projet lourd lorsque les marchés ne sont pas garantis. Pour cela, un système d’avance remboursable serait un réel atout pour les industriels qui souhaitent innover et investir dans des outils performants permettant la valorisation des bois locaux.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
1er trimestre 2014 85 L’Interview
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