Avec la flambée des prix du pétrole, toutes les énergies alternatives aux énergies fossiles trouvent un regain d’intérêt auprès du public. Le bois profite une nouvelle fois de cet engouement pour les énergies renouvelables.
Bûche, granulé, bois déchiqueté, sciure : les solutions pour se chauffer au bois sont multiples. Parmi tous ces produits, c’est encore la bûche qui occupe le devant de la scène, soit plus de 90 % du volume de bois-énergie consommé en France. C’est en effet pour les poêles ou les foyers fermés que le bois est le plus souvent utilisé. Mais le marché de la bûche est mal connu des statisticiens car la grande majorité du volume consommé échappe à tout acte marchand déclaré : autoconsommation, vente de gré à gré, travail au noir. Il est donc difficile pour un client qui achète des bûches dans ces circuits parallèles d’avoir un recours en cas d’insatisfaction sur le bois livré.
C’est donc avec un objectif de « moralisation » de ce marché que les quelques professionnels de la filière en Poitou-Charentes se sont regroupés il y a une quinzaine d’années au sein d’une association dénommée « Qualiflam’Bois ». Cette initiative, soutenue par le CRPF et l’ADEME [1] a un double objectif : l’information des clients sur le produit bois-bûche et l’établissement d’une charte de qualité que les adhérents de l’association s’engagent à respecter.
Une brochure explicative, distribuée à tous les clients, a été éditée et remise à jour en 2006. De nombreux éléments importants y sont développés : nature de l’essence livrée, degré d’humidité du bois, précisions sur les unités de mesure et rappel de quelques règles de sécurité pour le chauffage au bois. Actuellement, cinq négociants sont adhérents de cette association sur la vingtaine recensée officiellement en Poitou-Charentes. Leur objectif est que chaque client soit totalement informé sur les caractéristiques du produit qu’il achète. Chaque catégorie a en effet des qualités et donc des prix différents.
Parallèlement à cette normalisation, on a assisté ces vingt dernières années à une modernisation des entreprises de bois de chauffage. Quelques unes ont développé le façonnage du bois en fagots d’un stère de 1,13 m de diamètre à l’aide de liens qui permettent ensuite une manipulation facile à la grue et une vérification aisée des volumes par le client. Certaines entreprises sont équipées de combinés automatiques « scies-fendeuses » qui reconditionnent les bûches à la dimension voulue après transport des rondins en deux mètres au dépôt de l’entreprise. Face à une demande qui ne cesse d’augmenter, le conditionnement a évolué. Certains professionnels ont donc investi dans de nouvelles techniques (fagots cerclés, palettes sous film plastique..).
Aujourd’hui, c’est sur les déchets issus de l’exploitation du bois bûche que se penchent les professionnels. En effet, après broyage, les perches de moins de 8 cm de diamètre servent à la production de bois déchiqueté. Ce produit en plein essor permet l’alimentation de chaudières automatiques. Mais l’exploitant forestier doit être très bien organisé pour fournir ce produit en provenance de forêt à un prix compétitif par rapport au produit issu des déchets de scierie broyés. Isabelle Barranger Jean-Marc Demené
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| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Isabelle BARRANGER et Jean-Marc DEMENE CRPF | 4ème trimestre 2006 | 56 | Economique |
[1] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie