La ressource régionale en bois de peuplier sera largement insuffisante d’ici une dizaine d’années. Si l’Aquitaine et les Pays de la Loire peuvent temporairement pallier ce manque de bois, il est d’ores et déjà impératif d’engager un important effort de plantation afin d’assurer à l’industrie régionale une matière première locale suffisante.
En 2009, la récolte de 98 000 m3 a été la plus faible depuis plus de trente ans. Parallèlement, les industriels de Poitou-Charentes envisagent une augmentation des volumes sciés et une part plus importante du peuplier dans la confection du contreplaqué. La profession estime ses besoins futurs à 150 000 m3 par an en moyenne.
Jusqu’en 2020, la ressource couvrira à peu près les besoins. Ensuite, l’écart entre la disponibilité calculée et les besoins estimés dépassera les 70 000 m3/an en moyenne, soit un déficit de près de 50%. Cette différence correspond aux 75 000 arbres, soit 370 hectares annuels qui ne sont pas replantés ces dernières années.
Plusieurs causes expliquent ce phénomène. Le prix du mètre cube n’a pas augmenté en euros constants depuis une trentaine d’années alors que dans le même temps, le coût des reboisements a connu une très forte augmentation. Pour résumer, quand le propriétaire réinvestissait 15 % du revenu de sa coupe pour replanter dans les années 1980, il doit désormais y consacrer près de 25 %. Ainsi, malgré des gains de productivité, la démotivation des populiculteurs progresse et les peuplements exploités ne sont plus systématiquement replantés. Les propriétaires ont également été échaudés par les tempêtes et les attaques sanitaires de ces dernières années.
Pour restaurer la confiance du populiculteur et inverser la tendance, le principal levier semble être une augmentation des prix du bois. Il en va de l’avenir de la filière, du pépiniériste à l’industriel transformateur. N’oublions pas que Poitou-Charentes est jusqu’à présent la première région française en matière de transformation du peuplier.
Différentes sources estiment la surface occupée par les peupleraies à 14 000 hectares environ en Poitou-Charentes. Mais ce chiffre présente une marge d’erreur vraisemblablement importante. Pour connaître les disponibilités futures en bois de peuplier, il est préférable de se baser sur le nombre de plants de peuplier vendus et installés en région à partir des chiffres fournis par les pépiniéristes. En se basant sur une densité moyenne de plantation de 200 peupliers par hectare, on obtient la surface annuelle plantée. Avec l’hypothèse d’une récolte à l’âge moyen de 18 ans pour un volume par hectare de 220 m3, on obtient ainsi année par année le volume théoriquement exploitable dans la région jusqu’en 2030 environ. Une décote de 10 à 15 % sur ce résultat théorique a été appliquée pour tenir compte des pertes moyennes de la populiculture : échecs de plantation, dégâts du vent, maladie, mortalités diverses (grands animaux, sécheresse…).
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain ROUSSET GDF 17 | 4ème trimestre 2011 | 76 | Economique |