La lisière constitue la zone de transition entre une forêt et un milieu plus ouvert qui la jouxte. Elle peut être externe en limite des zones agricoles ou interne, c’est à dire au bord des coupes ou le long des chemins. Elle présente de nombreux intérêts : écologiques, paysagers et économiques.
Bien étagée et bien éclairée, la lisière favorise la biodiversité et accueille de nombreuses espèces. Les insectes y trouvent nourriture et sites de ponte, tandis que les chauves-souris et certaines espèces d’oiseaux y chassent régulièrement (épervier d’Europe, engoulevent…). La flore y est variée, avec notamment les orchidées (orchis singe, ophrys abeille, etc).
L’ourlet herbeux constitue d’autre part une zone d’alimentation pour les cervidés, ce qui, lorsque leur densité n’est pas trop importante, peut contribuer à diminuer les dégâts sur régénération.
La lisière étant la première chose que l’on voit de la forêt, depuis l’extérieur, sa qualité paysagère est importante : une lisière avec des buissons, divers quant aux couleurs et à la forme, est plus séduisante au regard ; d’autre part elle contribue à atténuer l’impact visuel de travaux sylvicoles.
Elle peut jouer un rôle extrêmement important de brise-vent. Semi-perméable, elle filtre et ralentit les vents en évitant qu’ils ne rebondissent derrière, avec des effets dévastateurs. Elle ne doit pas constituer un mur végétal. Pour être efficace il convient de respecter une largeur d’environ 10 à 30 mètres pour les lisières extérieures, les lisières intérieures pouvant être plus modestes.
La structure idéale est constituée d’un ourlet herbeux, puis d’un cordon de buissons et enfin d’une partie arborescente. Pour que ces strates soient en permanence représentées et renouvelées, ceci implique une gestion de la lisière, par exemple par recépages réguliers.
Il est possible d’y produire du bois de qualité moyennant certaines règles sylvicoles : opérations de taille et d’élagage fréquentes, éclaircies douces dans le sous-étage.
Ainsi traitées, les lisières peuvent protéger le cœur productif de nos peuplements : la recommandation est donc de ne jamais y effectuer de coupes rases, mais de les jardiner.
Schémas : source ONF.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Persuy CRPF | 1er trimestre 2004 | 45 | Technique |