- La maladie des bandes rouges compromet l’avenir du pin laricio -

Le pin laricio a été massivement planté en France durant les années 1980 et 1990. Reconnu pour la qualité de son bois, sa rectitude et sa vigueur, il couvre aujourd’hui plus de 180 000 hectares dans notre pays.

Depuis les années 2000, les plantations de ce pin ont fortement diminué car les forestiers se posent de nombreuses questions sur l’avenir de cette essence. En effet, un problème sanitaire émergeant, la maladie des bandes rouges, affecte fortement les peuplements. Connue depuis longtemps, cette maladie présente dans le monde entier, atteint principalement les pins. Cependant, ce n’est que depuis le milieu des années 1990 qu’elle pose de graves problèmes en France.

La maladie des bandes rouges est due à deux champignons génétiquement très proches : Dothistroma septosporum et Dothistroma pini. Si le premier est présent sur l’ensemble du territoire français, Dothistroma pini se trouve uniquement dans le quart Sud-Ouest de la France. Dans notre région, ces deux agents peuvent cohabiter sur un même arbre voire sur une même aiguille.

La fructification de ce champignon se déroule en fin d’hiver et au début du printemps. Au cours de la période de végétation, les spores sont disséminées à courte distance par temps pluvieux et sont déposées sur les aiguilles saines. Après germination, le mycélium pénètre les tissus par les stomates. A l’automne ou l’hiver suivant, des taches jaunes apparaissent sur les aiguilles. S’en suit une annélation de couleur rougeâtre qui entraîne le dessèchement des parties supérieures des aiguilles et leur chute.

Les dommages sont souvent plus importants dans les parties inférieures des houppiers car ce champignon préfère les milieux confinés. Cette maladie n’entraîne pas ou très peu de mortalité dans les peuplements concernés. Elle a cependant un impact fort sur la croissance des arbres tant en diamètre qu’en hauteur et remet en question l’avenir des boisements. Dans certains peuplements fortement atteints, la croissance est pratiquement nulle.

Sur les arbres fortement attaqués ne subsistent que les aiguilles de l’année.
Sur les arbres fortement attaqués ne subsistent que les aiguilles de l’année.

Les éclaircies quant à elles peuvent être réalisées dans les peuplements qui ont une bonne vigueur avant la fermeture du couvert. L’élagage, s’il peut réduire le développement de la maladie, reste toutefois un investissement risqué. Les nouvelles plantations en pin laricio ne doivent être réalisées que sur les stations optimales et en dehors des zones humides et confinées. Toutefois, elles sont déconseillées à proximité de peuplements infectés.

Il n’existe aujourd’hui aucun produit fongicide homologué pour traiter la maladie des bandes rouges (photo DSF).
Il n’existe aujourd’hui aucun produit fongicide homologué pour traiter la maladie des bandes rouges (photo DSF).

D’ores et déjà, il est recommandé de ne plus planter dans les secteurs très impactés de Sologne et du Sud-Ouest. Fait aggravant, le pin laricio est très sensible à d’autres problèmes sanitaires tels que la chenille processionnaire du pin et à un autre champignon, le Sphaeropsis sapinea. En 2014, suite à un orage de grêle, ce pathogène a entraîne la mortalité et l’exploitation d’une centaine d’hectares de laricio en forêt Domaniale de Moulière, à l’Est de Poitiers.

Dans l’hémisphère Sud, la maladie des bandes rouges a fortement impacté les pins. Ceci a souvent conduit à arrêter les plantations de pins de Monterey (Pinus radiata).

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel MOUNIER
AMVFS
Année 2016 92 Environnement
Dans la même rubrique
  1. Les insectes contribuent à l’équilibre des écosystèmes forestiers
  2. La gestion forestière doit tenir compte des conséquences de la sécheresse
  3. A chaque forêt sa garantie de gestion durable
  4. Le chêne tauzin, un intérêt plus patrimonial qu’économique
  5. Les chauves-souris contribuent à la bonne santé des forêts
  6. La gestion durable dépasse la simple prise en compte des fonctions environnementales de la forêt
  7. La forêt cultivée contre l’effet de serre
  8. Le râle des genets
  9. Arbres têtards : tirés de l’oubli pour leur rôle environnemental
  10. Les atouts des résineux peuvent être utiles en sol pauvre
  11. Les orchidées forestières
  12. Le poids de l’histoire dans la biodiversité
  13. Les landes, des milieux riches à conserver
  14. Des prescriptions sylvicoles pour le site pilote Natura 2000 du "Val de Charente et Seugnes"
  15. Chaque forestier doit connaître la maladie de Lyme pour s’en protéger
  16. Climat : les forêts peuvent atténuer l’effet de serre
  17. La deuxième vies des arbres morts
  18. LIERRE ET RONCES pour une forêt vivante et productive
  19. Le Bois Raméal Fragmenté redonne vie aux sols
  20. Vers la fin de l’utilisation des produits chimiques en forêt…
  21. Le réchauffement climatique remet en cause la gestion des chênaies
  22. Une peupleraie à diversifier pour un meilleur état sanitaire
  23. Des vieux arbres pour renforcer la biodiversité
  24. Les arbres : un besoin vital pour les abeilles
  25. Populiculture et respect de l’environnement sont compatibles
  26. Bombyx disparate : plus de peur que de mal
  27. Les lisières aussi doivent être gérées
  28. Le changement climatique modifiera l’activité des pathogènes forestiers
  29. Une taxe sur les permis de construire protège les espaces naturels
  30. Les plantations mélangées sont délicates à gérer
  31. La forêt, dernier refuge des amphibiens.
  32. La régénération naturelle potentiellement favorable à la biodiversité
  33. Des espèces invasives difficiles à contenir
  34. Le bois mort participe à la santé des forêts
  35. Un indice pour évaluer la biodiversité des peuplements forestiers
  36. Le forestier participe à la sauvegarde des loutres et visons
  37. Quelques règles sylvicoles pour limiter les dégâts de cervidés.
  38. Gestionnaire forestier et oiseaux, des bénéfices réciproques
  39. Les incendies perturbent l’écosystème forestier
  40. Réglementations : des procédures simplifiées avec le plan simple de gestion
  41. Filière robinier : il est nécessaire d’augmenter la ressource
  42. Bioclimsol : un outil pour intégrer le climat au diagnostic forestier
  43. Des plans pour mieux protéger les forêts contre le feu
  44. L’exportation des rémanents appauvrit souvent les sols
  45. Les petits animaux participent à la régénération de la forêt
  46. Les constructeurs de la LGV proposent des aides en faveur de la biodiversité forestière
  47. La maladie des bandes rouges compromet l’avenir du pin laricio
  48. Le difficile combat contre les espèces envahissantes des boisements alluviaux
  49. L’inquiétante progression de la Chalarose du Frêne
  50. Limiter les tassements du sol en canalisant le passage des engins
  51. 2011, Année internationale des forêts.