Parmi les espèces forestières courantes, le peuplier est vraiment un cas particulier. Cette essence ne peut être introduite que par plantation. Tous les plants sont génétiquement identiques. La plantation est réalisée à densité finale.
La régénération naturelle du peuplier est impossible par voie de graine. Certes, après une coupe rase, des rejets peuvent se développer. Généralement, leur vigueur est faible et la souche pourrit rapidement. Les tiges ainsi formées se renversent facilement sous l’action du vent bien avant d’avoir une dimension commercialisable. Il convient donc d’utiliser des plançons obtenus par bouturage. Issus d’un même cultivar, ils sont génétiquement identiques et présentent les mêmes avantages tels que qualité du bois, rectitude, facilité de conduite. Ils ont aussi tous les mêmes défauts (sensibilité aux parasites, grosses branchaisons, flexuosité, …). Ce sont là des contraintes non négligeables qu’il faut certes relativiser compte tenu de la courte durée de production (15 à 20 ans). Mais les déboires subis avec le cultivar Luisa Avanzo sont encore dans les mémoires…
Le peuplier étant un arbre très exigeant en lumière et ne supportant pas la concurrence, sa plantation est réalisée à écartement définitif. En outre, les arbres étant génétiquement identiques, le rôle sélectif des coupes d’éclaircie devient inutile. Ainsi, dans les vallées de Poitou-Charentes, la densité installée varie de 150 à 200 plants/ha. Il est donc nécessaire de soigner chaque plant tout au long de la durée de production afin d’en vendre le plus possible à maturité. La rentabilité de l’opération en dépend.
L’itinéraire technique de conduite des peuplements est particulièrement maitrisé. Un sondage de sol définira la profondeur de plantation ainsi que le choix du cultivar. Les plançons seront installés à la tarière ou à l’eau sous pression et bien calés afin de ne pas bouger au vent. Un désherbage chimique localisé aux abords du plant et réalisé pendant 2 ans permettra d’assurer un bon développement de la tige. L’entretien de la parcelle se fera après le 15 juillet pour des raisons de nidification des oiseaux. Les arbres seront taillés et élagués afin d’obtenir un fût droit et sans branche sur 6 mètres de hauteur.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| André THILLOU CRPF | 1er trimestre 2011 | 73 | Essences |