La typologie forestière est une méthode de classification des peuplements, indépendante de toute appréciation subjective de la part de la personne décrivant une forêt.
Nombre de peuplements feuillus de notre région sont irréguliers, du type taillis mélangés avec futaie, couramment appelés taillis sous futaie. Ces peuplements sont souvent décrits dans les documents de gestion à l’aide de termes imprécis tels que « taillis sous futaie riche », « futaie mûre », « taillis moyen », etc … De telles appellations résultent d’une interprétation personnelle et varient fortement d’un opérateur à l’autre. De plus, ces descriptions sommaires donnent souvent peu de renseignements sur la composition réelle du peuplement.
Pour remédier à ces carences, un groupe de forestiers de la région Centre a mis au point une méthode de description normalisée. Quinze ans de travail et de mesures sur le terrain ont abouti à la « typologie des peuplements feuillus à chêne prépondérant de la région Centre ». Elle peut être appliquée pour décrire les forêts feuillues du Grand Ouest, dont fait partie la région Poitou-Charentes.
Cette méthode attribue à chaque peuplement un code à deux chiffres traduisant sa richesse et sa structure.
Le critère de richesse dépend de la surface terrière du peuplement. Celle ci représente la surface cumulée, exprimée en m2/ha, des sections des troncs à 1,30 m de hauteur. Elle peut être mesurée très simplement grâce à une méthode optique astucieuse facile à mettre en œuvre. Elle se situe souvent entre 15 et 20 m2/ha, les parcelles dépassant 30m2/ha étant très riches. Ce premier chiffre du code prend une valeur de 1 à 9 en fonction de la surface terrière mesurée.
Le second chiffre traduit un critère de structure. Il renseigne sur la grosseur des bois et leur répartition dans 3 catégories bien définies : les petits bois, les bois moyens et les gros bois (voir schéma). On distingue 9 cas en fonction du pourcentage de tiges présentes dans chaque catégorie. Par exemple, un peuplement présentant moins de 20 % de gros bois, moins de 50 % de bois moyens et moins de 50 % de petits bois, sera classé, grâce à la « clé des structures » de la typologie, dans le type n° 3 appelé « irrégularisé à bois moyens prépondérants ».
Sur le terrain, les auteurs de la méthode préconisent de relever les deux critères définis précédemment en s’arrêtant systématiquement tous les cinquante mètres, soit quatre relevés par hectare. Chaque point d’arrêt est le centre d’une placette circulaire contenant 12 à 20 arbres à mesurer pour définir le critère de structure. Un logiciel informatique a été mis au point pour saisir les données et les traduire en cartographie colorisée de la forêt en regroupant des zones de peuplements homogènes.
La typologie permet d’affiner la description d’un massif. Elle met en évidence des différences de types de peuplements qui pouvaient apparaître homogènes dans le cadre d’une description traditionnelle rapide. La méthode peut donc aider le gestionnaire dans ses choix. Mais ses auteurs insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un guide de sylviculture préjugeant du traitement applicable à chaque type de peuplement défini. En effet, les décisions du propriétaire dépendent aussi de nombreux critères qui ne sont pas pris en compte par cette typologie : moyens financiers, état sanitaire des peuplements, objectifs assignés à la forêt, potentialités de la station…
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc DEMENE CRPF | 4ème trimestre 2002 | 40 | Technique |