Dans la vie d’un sylviculteur, la mise sur le marché d’un lot de bois est un fait suffisamment rare pour qu’il soit mûrement réfléchi. Si les ventes de bois en bloc et sur pied sont de loin les plus répandues dans notre région, cette pratique, la plus simple pour le propriétaire, n’est pas toujours la plus rémunératrice.
Dans l’est de la France, les ventes bord de route de bois façonnés sont couramment pratiquées. Dans ce cas de figure, c’est le propriétaire qui fait exploiter et débarder les arbres. Il définit les qualités et les découpes puis trie les bois par catégories. Après cubage, les lots homogènes sont présentés aux acheteurs qui font alors leurs offres de prix.
Ce mode de vente présente de nombreux avantages. Les volumes de bois vendus sont mesurés à terre et non plus estimés sur pied. Les qualités sont mieux appréciées, triées, et l’acheteur peut donc acquérir les seuls produits dont il a réellement besoin et à leur juste prix. La maîtrise de l’exploitation et du débardage par le propriétaire peut éviter bien des désagréments. Celui-ci veillera à leur bon déroulement, minimisant ainsi les préjudices aux peuplements restants, aux pistes et chemins d’exploitation.
Mais ces ventes de produits façonnés présentent aussi des inconvénients. Tout d’abord, le vendeur doit bien connaître la qualité des bois et les marchés. Il doit être très présent sur le terrain et disposer d’une avance de trésorerie pour les frais d’exploitation. Enfin, lorsque la conjoncture est défavorable, il peut se trouver en position délicate : il lui faut impérativement vendre ses bois avant qu’ils ne se détériorent, situation dont peuvent profiter les acheteurs.
Pour toutes ces raisons, ce genre de transaction doit être réservé à des coupes bien particulières pour lesquelles un tri sera profitable. C’est le cas d’arbres provenant de futaies de grande qualité. C’est aussi le cas des lots hétérogènes provenant de futaies irrégulières ou de peuplements mélangés.
Tout propriétaire motivé par ce mode de vente mais néophyte en la matière peut faire appel à un expert forestier ou à une coopérative.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel Mounier Asso Sud 16 | 1er trimestre 2005 | 49 | Economique |