- Le Comptoir des Bois de Brive : au-delà du bois de trituration -

Stéphane COREE est Directeur Général du Comptoir des Bois de Brive (CBB). Tout comme l’usine de Saillat, le CBB appartient au groupe International Paper (IP), leader mondial de l’industrie papetière.

Bois et Forêts : Pouvez-vous nous présenter l’activité du Comptoir des Bois de Brive ?

Stéphane Corée : Créé au début XXè siècle, le CBB a pour vocation d’approvisionner l’industrie papetière et en tout premier lieu le site de Saillat, situé entre Limoges et Angoulême. Notre activité s’articule autour de 2 métiers : l’exploitation forestière (de l’ordre de 300.000 m3 par an) et le négoce de produits connexes de scieries et de rondins (1 200 000 tonnes). Le bois de trituration représente 90 % de la matière traitée et est orienté vers la papeterie. Le reste est constitué de bois d’œuvre, bois de chauffage et biomasse pour les chaufferies industrielles et collectives. Bien que quantitativement moins importante, cette composante permet une valorisation optimale des produits des coupes et la rémunération des propriétaires. La région Poitou-Charentes représente plus de 12 % de l’ensemble des tonnages livrés à Saillat. Nous y avons implanté deux secteurs d’exploitation, à Montbron en Charente et Chauvigny dans la Vienne.

B. & F. : Que pensez-vous de la montée en puissance du bois énergie ?

S.C. : La biomasse représentera sans doute une part très majoritaire des énergies renouvelables que la France souhaite développer. IP et plus particulièrement l’usine de Saillat sont en la matière des précurseurs puisque 100 % de la vapeur et 80 % de l’électricité du site sont issus d’énergie renouvelable (lignine et écorces). De même nous avons participé au développement d’une plate-forme d’une capacité de 120 000 tonnes à St Junien (87) visant à approvisionner en biomasse les chaufferies locales. Le soutien financier important de l’Etat au développement des énergies renouvelables peut cependant induire, s’il n’est pas maîtrisé, une distorsion de concurrence involontaire mais grave pour les industries qui s’approvisionnent sur la même ressource. Ce risque est d’autant plus grave que ces dernières, parfois fragilisées par la crise, sont globalement créatrices de plus de valeur ajoutée et d’emplois que ne l’est la simple production d’énergie. A ces nouveaux débouchés doivent donc correspondre de nouvelles ressources, sujet crucial dont il faudra nécessairement débattre.

B. & F. : Dans ce contexte de demande croissante en produits à base de bois, comment peut-on garantir que les forêts sont gérées durablement ?

S.C. : Cette préoccupation s’est développée au cours des années 90 et la certification d’initiative privée est vite apparue comme la réponse la plus appropriée au niveau international. Celle-ci s’est imposée au cours de la dernière décennie pour devenir une sorte de passeport obligatoire pour le commerce des produits forestiers. Dès le début des années 2000, le CBB et IP Saillat ont très vite intégré ces nouvelles exigences et aujourd’hui 97 % des tonnages reçus sur le site sont gérés sous chaîne de contrôle, l’ensemble de notre approvisionnement est certifié FSC « bois contrôlé », 2/3 de nos tonnages disposent du label PEFC et nous développons depuis 2012 une certification de groupe FSC « Forest Management ». Afin d’apporter aux propriétaires forestiers un service adapté à cette exigence environnementale, nous avons développé au sein du CBB un service « gestion durable » qui intervient en complément de nos chefs de secteur pour conseiller les propriétaires et leur proposer le cas échéant un livret de gestion cohérent avec les documents de gestion, que le CRPF développe par ailleurs largement.

Bois et Forêts

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois & Forêts
1er trimestre 2013 81 L’Interview
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