En Poitou-Charentes, l’arrêté préfectoral du 16 juillet 2007 a restreint le financement des plantations de douglas aux seuls secteurs des hauteurs de Gâtine et du Confolentais.
Outre les effets dévastateurs de la tempête de décembre 1999, il importait de tirer les conséquences de deux accidents climatiques. En effet, la canicule d’août 2003 et la sécheresse de 2005 ont entrainé la mort ou le dépérissement de sujets dans de jeunes plantations mais aussi dans des peuplements adultes. De plus, il convenait de ne pas négliger les conséquences futures du changement climatique.
Le douglas est un arbre exigeant en pluviosité : plus il pleut, plus il pousse. La moyenne annuelle doit dépasser 900, voire 950 mm. C’est aussi un arbre qui souffre dans les stations à déficit hydrique estival, c’est-à-dire, lorsque l’évapotranspiration est supérieure à la pluviométrie.
Voilà comment s’explique le choix des deux zones granitiques de Poitou-Charentes. Mais même dans ces secteurs, il faudra être prudent. Si le sol est trop grossier et donc très filtrant, il ne conviendra pas au douglas. Il en est de même pour les sols trop acides à bruyère ou à callune. Le pin laricio de Corse devra lui être préféré.
Le douglas, essence résineuse au bois d’excellente qualité, avait été développé chez nous depuis plus d’un demi-siècle, souvent avec succès. Avant la tempête de décembre 1999, il existait de nombreux et beaux peuplements. Certains avaient même été classés "porte-graines". Malheureusement la nature nous rappelle à de dures réalités qu’il convient de ne pas sous-estimer au regard de la durée du cycle de production (50 à 70 ans).
N’oublions pas que d’autres essences sont aussi affectées par les conséquences du dérèglement climatique, tels que le chêne pédonculé ou le châtaignier en dehors de leurs terrains de prédilection.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| André THILLOU CRPF | 4ème trimestre 2009 | 68 | Essences |