Le frêne est particulièrement présent dans nos vallées. Il est très apprécié et exploité pour le bois de chauffage. En revanche son emploi en tant que bois d’œuvre reste marginal. Et pourtant, avec cette essence qui est considérée comme précieuse, la région possède de fortes potentialités pour produire du bois de qualité.
Deux frênes coexistent dans nos vallées : le frêne commun et le frêne oxyphylle. De par sa forme, seul le frêne commun est véritablement apte à produire du bois d’oeuvre. Il est donc important de bien différencier ces deux espèces. Ainsi, les bourgeons du frêne commun sont gros et noirs alors que ceux de l’oxyphylle sont petits, bruns à brun foncé. Les feuilles du frêne commun sont composées de 7 à 15 folioles finement dentées alors que celles de l’oxyphylle sont composées de 3 à 11 folioles à grosse denture irrégulière.
Le frêne possède sensiblement les mêmes exigences que le peuplier vis à vis du sol. Sa croissance est optimale sur des terrains à texture limoneuse ou limono-argileuse, avec un pH proche de la neutralité et une nappe d’eau située à moins d’un mètre de profondeur.
Le frêne est peu sensible au froid, mais les gelées de printemps occasionnent souvent la destruction de la pousse terminale et provoquent de fréquentes fourchaisons.
Le bois de frêne présente des qualités esthétiques indéniables avec un grain fin et une couleur blanc nacrée. Il dispose également de grandes qualités mécaniques : élasticité, grande résistance à la compression et aux chocs.
Le cœur noir est un défaut courant chez le frêne. Ce changement de coloration n’altère pas les qualités mécaniques du bois mais déprécie fortement ses qualités esthétiques et donc son usage. Pour diminuer ce risque, il est nécessaire de ne pas maintenir les tiges trop longtemps sur pied. L’âge d’exploitabilité doit se situer entre 60 et 65 ans. Le cœur noir peut également apparaître sur des stations peu adaptées au frêne (excès ou manque d’eau).
Les billes de qualité sont principalement destinées au tranchage ou à l’ébénisterie. La circonférence d’exploitabilité doit être d’au moins 160 cm à hauteur d’homme.
Surface en Poitou-Charentes : environ 7 000 ha
Volume bois d’œuvre récolté en Poitou-Charentes (2004) : environ 700 m3
Prix du m3 (ref. nationales) :
- Tranchage = 200 € et +
- Ebénisterie = 110 à 130 €
- Autres sciages = 60 à 100 €
En boisement de terrains nus, le frêne doit être planté à une densité de 1200 à 1400 tiges /ha. Il est alors recommandé d’utiliser des plants à racines nues de deux ans. Au cours des quatre à cinq premières années, les jeunes tiges doivent être dégagées de la ronce, des ligneux et la végétation herbacée doit être localement éliminée. Les tailles de formation ne sont à réaliser qu’en cas de gelées tardives sur au maximum 300 tiges par ha. La première éclaircie est à envisager lorsque les brins atteignent une douzaine de mètres de hauteur. La rotation entre les éclaircies suivantes sera de 5 à 7 ans. Celles ci doivent être assez fortes avec la suppression d’au moins 30 % des tiges à chaque passage. Les houppiers des arbres restants ne doivent jamais s’interpénétrer.
Deux passages en élagage permettent d’atteindre une hauteur élaguée maximale de 6 mètres sur 120 tiges à l’hectare. A l’âge de 15-20 ans, 60 à 70 tiges seront désignées pour constituer le peuplement final. Les nombreux boisements naturels riches en frêne peuvent être valorisés à moindre coût. On peut désigner les plus belles tiges et éclaircir le peuplement à leur profit (détourage). Il est évident que pour cette option, il est préférable d’intervenir le plus tôt possible.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Alain Rousset ADEP | 3ème trimestre 2007 | 59 | Essences |