- Le Pays Sud-Charente se mobilise pour sa forêt -

Jean-Yves AMBAUD

Jean-Yves Ambaud est Président du Syndicat Mixte du Pays Sud-Charente, organisme de coopération intercommunale regroupant 87 communes.

Bois et Forêts : Le Pays Sud-Charente a réalisé un schéma de mobilisation des bois. Quelles en sont les grandes lignes ?

Jean-Yves Ambaud : Dans le Sud-Charente, la forêt occupe environ un quart du territoire. Conscient de cela, le Pays s’est engagé dès 2008 dans la réalisation d’une Charte Forestière. L’une des préconisations de cette analyse de la filière forestière locale était la réalisation d’un schéma de desserte et de mobilisation de la ressource. Cette étude, lancée en 2010, compte deux parties. La première concerne le recensement et le classement des chemins et places de dépôt. Une cartographie a été réalisée, complétée par des propositions d’amélioration et de création d’infrastructures. La seconde partie concerne l’évaluation de la ressource forestière. Les propriétés homogènes de plus de 5 hectares d’un seul tenant ont été inventoriées. Ceci a permis d’estimer les volumes de bois mobilisable d’ici à 2025.

B. & F. : Quels enseignements avez vous tiré de ce schéma ?

J-Y. A. : Le bilan de ce document nous a permis de prendre conscience de la ressource mobilisable et donc des enjeux économiques. Le tiers de la surface forestière du Sud-Charente a été inventorié soit environ 8 500 ha. Sur cette superficie, ce sont près de 500 000 m3 de bois qu’il faudrait exploiter dans les 10 années à venir. Ces estimations montrent qu’une part importante des peuplements sont en retard d’exploitation. Le quart de ce volume sera utilisable en bois d’œuvre, le reste sera destiné à produire du bois de feu et du bois de trituration. Suite à la tempête de 1999, notre forêt a été fortement sinistrée. Les propriétaires ont reboisé des grandes surfaces. Les éclaircies de ces peuplements vont débuter dès 2017, les volumes exploitables vont donc s’accroitre régulièrement. Ces bois ne seront facilement mobilisables qu’en présence d’infrastructures suffisantes. Ainsi le schéma préconise la création de 24 km de pistes et surtout la création ou l’aménagement de 154 aires de stockage. Ces places de dépôt sont indispensables pour les transporteurs qui peuvent ainsi charger les camions en toute sécurité hors des routes. Ce document servira de tableau de bord pour les élus et les collectivités. Ils pourront ainsi planifier les travaux à réaliser dans les années à venir.

B. & F. : Quelle suite souhaitez-vous donner à cette étude ?

J-Y. A. : Dans un premier temps nous souhaitons sensibiliser les élus locaux sur l’amélioration ou la création des pistes et places de dépôt. Nous espérons mobiliser les acteurs de la filière bois forêts pour qu’ils prennent en compte l’importance du "gisement" forestier dans notre secteur. Ce travail sera réalisé en collaboration avec le pays voisin d’Horte et Tardoire qui s’est engagé dans une demarche similaire. Ainsi, nous allons prochainement recruter en commun un personnel qui aura pour mission le développement de la filière bois locale. Nous espérons également pouvoir financer de l’animation pour faciliter la mise en œuvre des travaux d’infrastructures et de mobilisation des bois.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
Année 2015 89 L’Interview
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