On commence à rencontrer dans le sud de la région quelques parcelles de pins d’un vert jaunâtre. Il ne s’agit pas d’arbres mal venants, mais d’essais d’introduction d’un nouveau résineux, le Pin taeda ou Pin à l’encens. Ce pin aux aiguilles groupées par trois est originaire du Sud-est des Etats-Unis. Les premiers peuplements installés en Aquitaine ont maintenant plus de quarante ans. Le recul semble suffisant pour juger de l’intérêt de cette essence.
Dans le cadre d’une diversification des peuplements forestiers (limitation des risques sanitaires), il est intéressant de disposer d’une essence alternative au Pin maritime. Ce dernier montre ses limites sur les terrains « trop riches » comme les déprises agricoles. Dans ce cas, le Pin taeda ne présente pas de défaut de forme. Ses points forts : un tronc droit, des branches fines faciles à élaguer, et pas de risque sanitaire majeur.
Dans la région, les essais d’introduction sont maintenant âgés d’une dizaine d’années. Les exigences du Pin taeda commencent donc à être bien connues. D’abord, il est moins plastique que le Pin maritime. Le sol ne doit être ni trop sec, ni trop humide. C’est dans les terrains engorgés d’eau que la teinte jaunâtre du Pin taeda s’accentue. Ensuite, le terrain ne doit pas être calcaire, comme pour le maritime d’ailleurs. L’idéal : un sol limono-sableux profond.
Pour bien se développer, cet arbre doit être cultivé énergiquement. Le travail du sol est indispensable avant la plantation, un désherbage au Velpar L R est utile, en respectant particulièrement bien les dosages. Enfin, les entretiens doivent être soignés. Dans ce cas, sa croissance rivalise avec celle du Pin maritime. Comme le Pin taeda craint la concurrence, les éclaircies seront précoces et fortes pour maintenir un accroissement régulier des arbres.
Mais ce tableau presque idyllique doit être tempéré. Le Pin taeda a des ennemis. Les cervidés dont plus de dégâts dans du taeda que dans du maritime. Les jeunes plants sont sensibles aux attaques d’hylobe (charançon qui ronge l’écorce). Les chenilles processionnaires du Pin n’oublient pas de le défeuiller fortement. Point positif : il n’est pas sensible à la Pyrale du tronc.
Enfin, la qualité de son bois est tout à fait comparable à celle du Pin maritime, et les usagers sont semblables (pâte à papier, sciage, déroulage).
L’intérêt de ce pin n’a pas échappé à l’administration forestière. On parle d’une prochaine inscription du Pin taeda sur la liste des essences forestières subventionnées par le Fonds Forestier National. Pour préparer l’avenir, l’AFOCEL, organisme de recherches forestières, a installé avec l’appui du CRPF un test de descendance de pin taeda en 1996 dans la Double. Le but est de proposer à terme des plants issus des provenances les mieux adaptées aux conditions locales.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Michel CLUPEAU CRPF | 3ème trimestre 1998 | 23 | Technique |