- Le bouleau est un colonisateur utile -

On rencontre deux espèces de bouleau en Poitou-Charentes : le bouleau verruqueux, de loin le plus présent et le bouleau pubescent, cantonné aux sols acides et humides.

Reconnaissable facilement à son écorce blanche et à son feuillage léger, le bouleau est un arbre « opportuniste » et frugal qui peut s’adapter à tous les types de milieux, hormis les endroits très secs. Sols basiques ou acides, humides ou plus secs, tous lui conviennent s’il n’est pas en concurrence avec d’autres essences pour la lumière. Le bouleau produit de très nombreuses petites graines ailées qui, généreusement disséminées par le vent, peuvent voyager sur de longues distances. Ainsi, c’est un colonisateur rapide des milieux forestiers ouverts, telles les zones dévastées par la tempête ou les coupes rases,...

Ce caractère colonisateur n’est pas un handicap pour le forestier, bien au contraire. Le bouleau est reconnu pour améliorer les terrains très acides par la qualité de l’humus qu’il génère. Il est capable d’assainir les sols gorgés d’eau grâce à ses racines qui peuvent prospecter les horizons argileux les plus compacts. Sa transpiration élevée lui donne une certaine capacité à assainir les terrains mouillés. Par ailleurs, son feuillage très clair donne un ombrage diffus qui protège les régénérations des excès du soleil, du vent et de la concurrence herbacée. Après quelques années, les essences qu’il avait protégées pendant leur stade juvénile prennent le dessus et l’éliminent progressivement.

Arbre typique du nord et de l’est de l’Europe, le bouleau dépasse rarement 50 ans dans notre région. Il fournit un bois de feu encore apprécié par certains boulangers, des rondins pour la pâte à papier et plus rarement du bois de déroulage pour emballages ou certains contreplaqués de qualité. Souvent seul feuillu des pays nordiques, il est là-bas un bois d’ébénisterie apprécié. Mécaniquement, ses propriétés sont proches de celles du bois de hêtre. Si dans le Nord de la France, certaines billes trouvent un débouché valorisant en bois d’œuvre, les faibles volumes des coupes et les dimensions limitées des bouleaux de notre région le destinent aujourd’hui quasi exclusivement au bois de papeterie ou de chauffage.

Jean Marc Demené

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Marc DEMENE
CRPF
1er trimestre 2013 81 Essences
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