Le changement climatique annoncé risque de modifier profondément les relations entre les êtres vivants et en particulier les équilibres entre les arbres et leurs agresseurs. Ces évolutions pourraient favoriser l’introduction de nouveaux parasites, l’extension de l’aire de présence des différentes maladies et insectes et la virulence des parasites actuels. De plus, avec la hausse des températures et les déficits hydriques, les arbres stressés deviennent plus sensibles à l’attaque des différents pathogènes.
Il n’y aura pas une évolution générale commune pour toutes les maladies et tous les insectes forestiers. Certains risquent d’être favorisés tandis que d’autres pourraient voir leur importance diminuer. Ainsi, l’oïdium, ce feutrage blanc présent sur les feuilles de chênes devrait se développer avec la hausse des températures. Il en est de même pour les maladies de l’encre qui sont dues à un « champignon » du genre Phytophtora. Cette maladie racinaire présente principalement sur chêne rouge et sur châtaignier se rencontre essentiellement dans le Sud-Ouest de la France.
Le réchauffement devrait entrainer sa progression vers le nord. La chenille processionnaire du pin, très présente dans notre région a déjà vu son aire s’étendre depuis une trentaine d’année vers le nord et le centre de notre pays. Autrefois cantonnée au grand Sud-Ouest et au midi, elle est aujourd’hui présente en région parisienne. Inversement, le chancre à Xanthomonas du peuplier, présent au nord de la Loire, pourrait disparaître.
A la faveur du changement climatique, des parasites actuellement inconnus pourraient être introduits sur notre territoire. Par ailleurs, des pathogènes actuellement non virulents le deviendraient. Ces phénomènes pourraient alors se produire sur de vastes territoires et seraient soit brutaux (dépérissements, défoliations…) soit discrets mais continus. Ils seront amplifiés si l’homme contribue fortement à la dispersion de ces parasites. Cela semble être le cas pour le Phytophtora ramorum du chêne. Ce champignon qui est responsable de la mort subite du chêne, provoque d’importants dégâts sur la côte Ouest des Etats-Unis. Ce parasite invasif a déjà été signalé en Europe. Il fait l’objet d’une très grande vigilance notamment au niveau de sa propagation à partir, entre autres, de pépinières contaminées.
La complexité de ces phénomènes nécessite une compétence affirmée pour mener des diagnostics parfois délicats. Le Département de la Santé des Forêts, ainsi que tous les correspondants observateurs de terrain, demeurent vigilants en suivant au quotidien l’évolution sanitaire de nos forêts.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| A. Rousset - JM Mounier GDF17 - AMVF | 3ème trimestre 2010 | 71 | Environnement |