Le châtaignier est un grand arbre qui peut atteindre 25 à 35 m de hauteur et peut vivre plus de 1 000 ans.
Sa croissance juvénile est rapide et sa
souche rejette fortement.
Son écorce, d’abord grise et lisse devient
brun noirâtre et fissurée en long.
Ses feuilles sont grandes, dentées, à
surface brillante.
Les fleurs mâles s’étirent en longs chatons
latéraux jaunes.
Les châtaignes sont enfermées par 1 à 3
dans une bogue épineuse.
Cette essence demande au minimum 700 mm de pluie par an. Elle est très
sensible à la sécheresse et au gel.
Le châtaignier exige des sols profonds et filtrants à pH moyennement acide
(5 à 6,5). Il ne tolère pas les sols comportant du calcaire actif, de même que les sols hydromorphes ou séchants.
Le châtaignier est moins appétant que les autres feuillus. Néanmoins, en
cas de surpopulation de cervidés, les jeunes rejets sont abroutis par le
chevreuil et les perches écorcées par le cerf.
Ses principaux ennemis restent la maladie de l’encre, peu développée
en Poitou-Charentes et surtout le Chancre de l’écorce, champignon
qui affaiblit le peuplement et déprécie fortement la valeur du bois.
Essentiellement traitée en taillis, cette essence à croissance rapide et
extrêmement productive (15 stères par ha et par an) est récoltée entre
20 et 35 ans.
Le bois ne comporte que peu
d’aubier, ce qui permet de
valoriser des petites dimensions
en bois d’oeuvre.
Le châtaignier
est utilisé en ébénisterie, menuiserie,
parquet pour les grumes
billons, et en piquets, trituration
pour les petites sections.
Certains bois peuvent souffrir d’un
décollement entre deux
cernes appelé roulure. Les usines
de transformation, très développées dans la
région, sont principalement concentrées
dans la zone des Terres rouges.
Le châtaignier est une essence importante dans la région puisqu’elle occupe près de 21 000 ha pour un volume sur pied de 5,5 millions de m3. C’est la deuxième essence feuillue après les chênes. Présente dans toutes les régions forestières sur terrains acides, ses secteurs de prédilection sont les Terres Rouges et les sols acides de la Saintonge centrale.
Les objectifs ci-dessous s’adressent soit aux taillis simples, soit aux mélanges taillis-futaie dont la surface terrière de la futaie est inférieure à 5 m²/ha. Pour les autres mélanges taillis-futaie se référer à la fiche : peuplements irréguliers.
| objectifs | Age d’exploitabilité | Densité finale par ha | Circonférence d’exploitabilité |
|---|---|---|---|
| Production de billes et petites grumes (par éclaircie de taillis*) Produits possibles : billons de 2,50m à 3,50 m ; diamètre fin bout : 20 cm à 25 cm | 35/40 ans | 600 à 1000 brins | 70/90 cm |
| Production de grumes (par plantation ou éclaircie de taillis) Produits possibles : grumes de 5 à 6 m ; diamètre fin bout : 25 cm | 40/50 ans | 100 à 150 brins | 100/120 cm |
| Taillis simple Produits possibles : piquets, bois de trituration et parquet en proportion variable | 20/35 ans | 2000 à 3500 brins | 40/70 cm |
* Mettre en œuvre ces techniques sur des taillis :
Taillis de châtaignier médiocre à traiter en taillis simple |
Très beau taillis pouvant produire des sciages de qualité avec une sylviculture adaptée |
| Opérations/Situations | Taillis simple et mélange taillis-futaie pauvre | |
|---|---|---|
| Régénération | Coupe rase soignée avec éparpillement des rémanents sur la coupe | |
| Première intervention | Option n°1 : intervention de masse suivie d’un détourage des tiges ayant le mieux réagi : intervention de masse, qui s’effectue entre 10 et 12 ans et laisse une densité comprise entre 1 000 et 1 200 tiges/ha (un pied tous les 3 m environ). | Option n°2 : intervention unique : intervention de masse, qui s’effectue entre 10 et 12 ans, et laisse une densité comprise entre 600 et 800 tiges/ha (un pied tous les 3,5 m à 4 m environ). |
| Type d’intervention de masse : - si les bois ne sont pas commercialisables, ils sont laissés sur place. Il s’agit d’un dépressage, sans récolte, avec démembrement des tiges supprimées qui sont éparpillées et laissées sur coupe (pour l’option n°1 : possibilité d’ouvrir un cloisonnement dès ce stade pour faciliter la seconde intervention) ; - si les bois sont commercialisables, il s’agit d’une éclaircie. L’ouverture de cloisonnements d’exploitation de 3 à 4 mètres de large tous les 15 - 20 mètres est indispensable. | ||
| Deuxième intervention | 5 à 8 ans plus tard, détourage vigoureux des 100 à 120 tiges par ha ayant le mieux réagi (suppression des tiges les concurrençant au niveau du houppier. Intensité : 40 à 60 % des tiges). | |
| Coupe rase | Aux alentours de 35 à 40 ans. | |
| Régénération | Reconstitution par régénération naturelle, à partir des rejets ou semis de châtaignier, ou artificielle, par plantation. | |
| Opérations/situations | Taillis simple et mélange taillis futaie pauvre | Régénération par semis naturels | Reconstitution artificielle |
|---|---|---|---|
| Régénération | Coupe rase soignée avec éparpillement des rémanents sur la coupe. | Coupe rase soignée avec éparpillement des rémanents sur la coupe sur régénération acquise. Création et entretien régulier de cloisonnements culturaux (3 m de large tous les 5 m d’axe en axe) à partir de la 3ème année | Sous-solage des lignes de plantation.
Installation de 1100 sujets/ha (1+ 0).
Lignes distantes de 4 m.
Provenances utilisables :
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| Première intervention | Sélection entre 12 et 17 ans de 100 à 150 brins par ha qui seront repérés physiquement (marquage à la
peinture). Élagage de ces tiges Dégagement vigoureux sur leur périphérie (peuplement comportant 500 à 800 t/ha) | ||
| Deuxième intervention | 5 à 8 ans plus tard, fin de l’élagage. Détourage vigoureux des tiges d’avenir (intensité : 40 à 60 % des tiges par ha) | ||
| Troisième intervention | Facultative : 5 à 8 ans plus tard : éclaircie de type détourage ne laissant dans l’étage dominant que les tiges désignées | ||
| Coupe rase | Aux alentours de 40 à 50 ans | ||
| Opérations/situations | Taillis simple |
|---|---|
| Coupe rase | Coupe rase soignée avec recépage au ras du sol, de préférence en hiver pour garantir la vigueur des rejets de taillis. Éparpillement des rémanents sur la coupe, pour protéger les repousses de la dent du gibier. |
| Régénération | Après la coupe rase :
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