Depuis l’année dernière, les systèmes de chauffage aux granulés de bois connaissent un succès sans précédent en France auprès d’un public de plus en plus intéressé par les énergies renouvelables. Déjà très largement utilisés dans d’autres pays d’Europe comme l’Allemagne, la Suède ou l’Autriche, ces appareils arrivent maintenant en France et permettront aux scieries de recycler un sous-produit souvent mal valorisé : la sciure.
Les granulés de bois, aussi appelés « pellets », sont des petits cylindres de sciure compressée de 5 à 8mm de diamètre et de 10 à 30 mm de longueur. Ils ressemblent aux granulés d’alimentation pour bétail ou lapins, car ils sont fabriqués avec des presses du même type. La sciure collectée est séchée puis compressée à plus de 100 bars. La lignine du bois chauffé assure la cohésion des particules sans ajout d’aucun produit chimique. L’énergie dépensée pour sa fabrication est inférieure à 3% du pouvoir calorifique du combustible.
1 litre de fuel = 2 kg de granulés = 3 litres de granulés
Une maison consommant 2 000 litres de fioul par saison de chauffage aurait donc besoin de 4 tonnes de granulés soit 6 m3 d’encombrement. Une réserve de 1,5 mètre x 2 mètres x 2 mètres serait donc suffisante pour l’année. Pour du bois déchiqueté, elle devrait être quatre fois plus volumineuse.
Le produit obtenu, très compact, a un haut pouvoir calorifique pour deux raisons : sa densité élevée et son faible taux d’humidité. La puissance des presses permet d’obtenir des granulés d’une densité supérieure de 20% à celle de l’eau. Leur très faible taux d’humidité, inférieur à 10%, permet également d’atteindre ce pouvoir calorifique très élevé. L’énergie récupérée en brûlant un mètre cube de granulés équivaut à celle de 3 ou 4 mètres cubes de bois déchiqueté, ou de plus de deux stères de bois en bûches.
Outre son faible encombrement, c’est aussi la propreté de ce combustible sans poussière qui séduit une clientèle périurbaine ou rurale ne disposant pas d’espace important et à la recherche d’un mode de chauffage propre et automatisé. Pour une chaufferie à plaquettes forestières, il est nécessaire de disposer d’un accès facile pour le véhicule de livraison. Ce n’est pas le cas pour une chaufferie à granulés, car la livraison du produit en vrac est possible par camion souffleur.
Une autre raison du succès du produit est qu’il existe des poêles à granulés, alors que ces appareils n’existent pas pour le bois déchiqueté. Pourvus d’une petite réserve de 15 à 20 kg, ils fonctionnent comme une chaudière miniature : vis sans fin pour convoyer les granulés vers le foyer, ventilation forcée pour la combustion, thermostat de régulation, programmateur et même déclenchement à distance par téléphone pour certains modèles. Il existe différents poêles de 5 à 15 kw de puissance qui sont largement suffisants pour chauffer une maison de 100 m2 bien isolée. Leur rendement de combustion est d’au moins 80%, soit largement supérieur à celui des poêles à bois bûches.
Mais tous ces avantages ont un prix. Si le coût de cette énergie est généralement inférieur à celui du fioul domestique, il restera supérieur à celui du bois bûche ou du bois déchiqueté, du fait des moyens mis en œuvre pour sa fabrication. Le combustible peut être acheté entre 150 et 300 euros la tonne selon la région, la quantité achetée et le mode de conditionnement : sacs de 15 kg, palettes de sacs ou vrac. A titre de comparaison, la plaquette forestière est aujourd’hui vendue entre 60 et 70 euros la tonne départ dans la région. Quant au prix d’achat d’un poêle, il varie de 2500 à 6000 euros.
La crainte des clients potentiels de ne pas trouver de combustible, souvent importé aujourd’hui, sera vite dissipée. De nombreux industriels français, même en Poitou-Charentes, investissent actuellement dans des unités de fabrication de granulés. L’an dernier, chaque semaine, une nouvelle usine de « pellets » a été mise en service en Europe !
Même si ce mode de chauffage utilise un sous-produit de l’aval et ne concerne pas directement le propriétaire forestier, c’est toute la filière bois qui bénéficiera prochainement de ce nouveau débouché qui a fait ses preuves depuis vingt ans chez nos voisins européens.
Conseil Régional (Fonds Régional pour l’Excellence Environnementale)
Etat :
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Jean-Marc Demené CRPF | 4ème trimestre 2007 | 60 | Economique |