Dans le cadre de l’étude dirigée par l’Institut pour le Développement Forestier (IDF) sur l’avenir de la chênaie atlantique face aux changements climatiques, un module a été consacré à l’étude du bois du chêne pubescent. Une conclusion pour le moins inattendue ressort des études menées par des étudiants sous l’égide de l’École Supérieure du Bois (ESB) de Nantes : la qualité du bois du chêne pubescent est au moins équivalente à celle du chêne pédonculé !
Les essais en laboratoire ont en effet montré que les propriétés de dureté, de flexion et de compression du chêne pubescent étaient excellentes. Sa teneur en tanins semble également sensiblement égale à celle du chêne pédonculé. En somme, rien ne s’oppose à ce que son bois puisse être utilisé pour la charpente, la menuiserie ou la tonnellerie. Seule la maîtrise du séchage des sciages semble pour l’instant poser quelques difficultés.
Malheureusement, pour la plupart des forestiers, le chêne pubescent est depuis longtemps considéré comme sans intérêt, tout juste bon à occuper des sols calcaires superficiels. Dans notre région, son utilisation se résume à la production de bois de chauffage ou de pieux à moules. M. Jacamon, dans son édition de 1982 du Guide de dendrologie, écrit d’ailleurs : « conversion en futaie sans intérêt économique. Bois sans usages de qualité, fournit un bon bois de chauffage ou de charbon de bois, au mieux des traverses ».
De ce fait, il n’existe quasiment aucune donnée sur la sylviculture à appliquer au chêne pubescent. Son tempérament d’essence de lumière, exigeant en chaleur mais résistant aux froids d’hiver devrait permettre de le cultiver dans notre région. Des essais seront mis en place pour le tester en reboisement et pour étudier son rythme de croissance en fonction de diverses intensités d’éclaircies.
Dans les forêts de Poitou-Charentes, le chêne pubescent est présent plus souvent qu’on ne le croit, avec régulièrement des arbres de gros diamètres : naturellement mieux adapté à la sécheresse et moins exigeant en eau, il semble qu’il puisse représenter une alternative au chêne pédonculé face aux changements climatiques.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Yves LACOUTURE CETEF 16 | 4ème trimestre 2011 | 76 | Essences |