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- Le cormier et l’alisier -


Le Cormier et l’Alisier torminal sont des fruitiers forestiers qui peuvent atteindre 20 m de haut. Leurs rameaux sont alternés, les bourgeons globuleux verdâtres.
Ce sont des arbres hermaphrodites dont les fleurs blanches apparaissent entre avril et juin.

Les feuilles du Cormier sont composées de 11 à 21 folioles dentées dans les 2/3 supérieurs. Les cormes sont les fruits qui ressemblent à des petites poires jaunâtres de 2 à 3 cm.
Les feuilles de l’Alisier sont entières et comportent 5 à 9 lobes inégaux. Les alises se présentent sous forme de grappes. Ce sont des fruits ovoïdes, bruns, d’environ 1,5 cm de long.

Les stations favorables

Les Cormiers et Alisiers sont des espèces thermophiles et de pleine lumière qui supportent mal la concurrence. Elles demandent au moins 600 mm d’eau bien répartis dans l’année. Elles peuvent supporter des sécheresses estivales si l’alimentation en eau est compensée par les réserves du sol. Elles résistent aux grands froids et aux gelées tardives.
Ces essences sont plastiques tant au niveau de la texture du sol qu’au niveau de son acidité. Elles ne supportent pas l’hydromorphie même temporaire quand elle affecte les 60 premiers centimètres du sol.
Le Cormier est à réserver aux sols profonds calcaires, l’Alisier torminal aux sols légers, légèrement acides ou calcaires mais dont les réserves en eau sont importantes.

Les gros alisiers sont rares
Les gros alisiers sont rares

Ces feuillus précieux sont sensibles au gibier, notamment aux frottis des cervidés, ainsi qu’aux maladies : Feu bactérien (Erwinia amylovora) sur Alisier torminal et Chancre européen (Nectria galligena) sur Cormier.

Le bois de cormier est considéré comme un bois précieux
Le bois de cormier est considéré comme un bois précieux

Ces essences poussent lentement et ont un d’âge d’exploitabilité souvent supérieur à 100 ans pour obtenir un diamètre commercialisable (>40 cm). Leur bois, rougeâtre ou brun, est lourd, dur, homogène. Il se travaille et se polit bien. On peut l’utiliser en ébénisterie, lutherie, marqueterie, tournerie, sciage, … Ses principaux défauts sont la fibre torse, les pourritures et colorations inesthétiques.

Le cormier et l’alisier en Poitou-Charentes

Carte du cormier et de l'alisier en Poitou-Charentes

Présents à l’état disséminé dans le milieu agricole (haies, arbres isolés dans le vignoble ou les prairies) et dans toutes les forêts de Poitou-Charentes, le Cormier et l’Alisier n’ont jamais fait l’objet d’un recensement précis dans la région.

Les zones leur convenant particulièrement sont les Brandes (terrains profonds), la Châtaigneraie limousine, la Gâtine, les Terres rouges. Leur valorisation est également possible en présence de terrains profonds dans les régions naturelles des Terres de Groies, Loudunais, Saumurois, Champagnes et Saintonge, Périgord Montmorélien, Plaines de Thouars et Moncontour.

Objectifs sylvicoles

La sylviculture du Cormier et de l’Alisier est possible lorsque la profondeur du sol est supérieure à 60 cm.

Objectifs Age d’exploitabilité Densité finale par ha Circonférence d’exploitabilité
Futaie mélangée bois d’oeuvre
Itinéraire à privilégier pour le boisement des friches, landes et terres agricoles. Cormier et Alisier doivent être introduits en mélange avec des essences accessoires (charme, érable champêtre, noisetier,…) ou en accompagnement d’une essence principale à croissance lente (chêne rouvre)
80/120 ans 80/100 tiges 120/140 cm
Futaie sur taillis bois d’oeuvre
Itinéraire à privilégier pour la valorisation des taillis simples et des mélanges taillis futaie pauvre
80/120 ans 60/80 tiges 120/140 cm
Le cormier et l’alisier sont des essences accessoires qui doivent être conduites en mélanges
Le cormier et l’alisier sont des essences accessoires qui doivent être conduites en mélanges

Règles de culture en vue de produire du bois d’oeuvre en futaie mélangée

Opérations Boisement de landes, friches et terres agricoles
Reboisement Désherbage en plein
sous-solage ou labour en plein
travail superficiel (émiettage)
pose d’un paillage (facultatif)
Densité et plants, ou graines Plantation de 1 100 à 1 300 plants/ha
1/3 cormiers ou alisiers, 2/3 en essences d’accompagnement
utiliser de préférences des plants âgés au maximum de 2 ans (1+0, 1+1S ou 1+1), de plus de 50 cm de haut et d’origine connue
Entretiens Travail superficiel du sol deux fois par an pendant deux ans puis destruction annuelle de l’herbe pendant 4 ans.
Tailles de formation
Opérations à effectuer
Passage annuel tant que les cormiers et alisiers n’atteignent pas 6 - 7 m de haut
En fin du printemps, et consistant à éliminer les fourches de 1 ou 2 ans et les grosses branches latérales
1ère éclaircie Hauteur du peuplement comprise entre 10 et 12 m et lorsque les houppiers se rejoignent.
Intensité 30 à 40 % au profit des cormiers et/ou des alisiers
Elagage Progressif jusqu’à 4 m sur 160 à 200 t/ha puis jusqu’à 6 m si possible sur 80 à 100 arbres/ ha
Époque de réalisation : du 15 juin au 15 août de chaque année
le diamètre maximum des arbres élagués doit être inférieur à 15 cm
le diamètre des branches élaguées doit être inférieur à 2,5 cm
la hauteur élaguée doit être de 6 m minimum
la hauteur élaguée après chaque passage doit toujours être inférieure à 50 % de la hauteur totale Alisiers et cormiers demandent beaucoup d’espace pour se développer
Alisiers et cormiers demandent beaucoup d’espace pour se développer

Éclaircies suivantes Rotation voisine de 10 ans
Intensité 20 à 30 %.
Nos conseils

Protéger individuellement tous les alisiers et les cormiers des cervidés.

Règles de culture en vue de produire du bois d’oeuvre en futaie sur taillis

Opérations / situations Enrichissement des taillis
Installation Dessouchage par bande ou dévitalisation
labour et émiettage des bandes dessouchées ou travail localisé en potets
plantation de 80 à 300 cormiers ou alisiers/ha cadastral
Entretiens Passage annuel consistant à contrôler la végétation herbacée et la concurrence des rejets du taillis
Tailles de formation
Opérations à effectuer
Tous les arbres dès la 2ème année et jusqu’à une hauteur de peuplement de 6 - 7 m
En fin de printemps, éliminer les fourches de 1 ou 2 ans et les grosses branches latérales
Première éclaircie Lorsque le peuplement atteint 10 à 12 m de haut
Dégagement des houppiers des 60 à 120 plus beaux arbres (parmi les cormiers, les alisiers ou les autres essences précieuses) présents dans le peuplement
Eclaircies suivantes Rotation : 10 ans
détourage des arbres sélectionnés consistant à enlever 20 à 30 % des tiges du taillis à chaque passage
Elagage Progressif sur 6 m sur l’ensemble des arbres sélectionnés
Une évolution vers une futaie mélangée peut être aussi envisagée après un balivage intensif, par ouverture d’un cloisonnement et réalisation d’éclaircies au sein du taillis
Nos conseils
  • Protéger du gibier les arbres introduits en utilisant des protections individuelles dont la hauteur sera adaptée à l’animal le plus contraignant (1,20 m de haut pour le chevreuil, 1,80 de haut en présence de cerfs et biches) ;
  • conserver le recru (rejets de taillis) autour des arbres plantés et maintenir leur sommet au dessus de la végétation d’accompagnement ;
  • maintenir le sous-étage autour des arbres d’avenir au moment des éclaircies pour éviter les coups de soleil et l’apparition des gourmands ;
  • marquer et détourer des cormiers et alisiers dans les taillis de chêne… ;
  • valoriser et diversifier les peuplements en introduisant ou en balivant d’autres fruitiers forestiers comme les poiriers.

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Dessins de Dominique Mansion, extrait de la Flore forestière française, guide écologique illustré tome 1 « plaines et collines », édité par l’Institut pour le développement forestier, 23 avenue Bosquet, 75007 Paris