- Le cubage des arbres sur pied n’est qu’une estimation -

Si le cubage d’un arbre abattu est simple et précis (cf. B. et F. n° 57), celui d’un arbre sur pied n’est qu’une estimation. Sur les trois critères à prendre en compte, seule la grosseur est facilement mesurable. La hauteur et la forme de l’arbre ne peuvent être appréciées qu’approximativement.

La grosseur est mesurée en diamètre à 1,30 m de hauteur ou en circonférence à 1,50 m du sol. La première méthode est généralisée en forêt domaniale alors que la seconde est fréquente en forêt privée. La mesure se fait avec un ruban gradué ou un compas forestier (grand pied à coulisse). Pour les lots comprenant un nombre important d’arbres, la grosseur est ventilée en classes (de 5 cm en 5 cm pour le diamètre ou de 10 cm en 10 cm pour la circonférence). Par exemple, les arbres de 146 cm ou de 152 cm de circonférence sont comptabilisés dans la classe 150.

Pour la hauteur, la première difficulté consiste à définir à quel niveau de l’arbre il faut arrêter la découpe. Si en règle générale, cela se situe à 60–70 cm de circonférence (soit 20-22 cm de diamètre), la configuration de l’individu est à prendre en compte. Par exemple, la présence d’une fourche, située même plus bas, déterminera le niveau marchand. Cette hauteur peut être estimée au jugé à condition d’avoir un œil exercé, comme celui des professionnels réalisant fréquemment des cubages. Il est vrai que se tromper de 1 m sur la hauteur entraîne peu d’écart sur le volume. Pour plus de certitude, il est possible d’avoir recours à un instrument spécial appelé dendromètre, mais cet appareil coûte cher. A défaut, la croix du bûcheron est un système simple, à la portée de tous.

La croix du bûcheron, composée de deux bouts de bois de longueurs égales se fabrique aisément sur le terrain.
La croix du bûcheron, composée de deux bouts de bois de longueurs égales se fabrique aisément sur le terrain.

Le dernier paramètre à relever est la forme de l’arbre. Celui-ci n’étant pas un cylindre, il faut apprécier la décroissance métrique moyenne, c’est-à-dire le nombre de centimètres que l’arbre perd sur sa circonférence par mètre de hauteur. C’est, sans conteste, la notion la plus délicate à appréhender et qui influe fortement sur le volume. Il est recommandé de profiter d’arbres abattus, sensiblement de même forme, pour effectuer des mesures. Sachez que les sujets issus de futaie dense ont une meilleure forme et que les arbres épars sont plus coniques.

La décroissance métrique moyenne de cet arbre est de :
La décroissance métrique moyenne de cet arbre est de :

Reste maintenant à calculer le volume. Mathématiquement, grâce à la grosseur à hauteur d’homme et à la décroissance métrique moyenne, on détermine la circonférence à mi-hauteur marchande. Le volume est trouvé grâce à la formule C² x h / 4pi, comme pour cuber un arbre abattu.

Fort heureusement, il existe des tarifs de cubage qui donnent directement le volume en fonction des trois paramètres. Le plus connu est la série des tarifs de cubage Chaudé. A titre d’exemple, il est d’usage dans la région d’employer les tarifs n° 13 à 16 pour les arbres de futaie dense et les tarifs 10 à 12 pour les arbres isolés. Pour une essence comme le Pin maritime, implantée dans une région homogène (les Landes de Gascogne), la forme a été bien étudiée grâce à des milliers de mesures. Le tarif de cubage Lapasse détermine donc le volume en fonction des seuls critères de grosseur et de hauteur. Ce tarif est par extrapolation couramment utilisé dans le sud de notre région.

En pratique, sur le terrain :
  • pour une essence comme le chêne, il est indispensable de relever par pied la grosseur, la hauteur et les qualités de bois ;
  • pour des essences aux formes assez homogènes comme le peuplier et les pins, on relève toutes les grosseurs mais on affecte une hauteur découpe unique à chaque classe de circonférence.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
André Thillou
CRPF
2ème trimestre 2007 58 Technique
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