- Le développement du bois dans la construction nécessite une organisation de la filière -

Nicolas MAROT est un jeune ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieure du Bois de Nantes. Il a rejoint l’équipe de FUTUROBOIS début 2009 afin de promouvoir le développement du Bois dans la construction.

Bois et Forêts : Quelle est la part de la construction Bois en Poitou-Charentes ?

Nicolas Marot : Aujourd’hui, la part de marché de la construction bois se situe autour de 5 %, ce qui représente à peu près 900 maisons construites chaque année en Poitou-Charentes. Les perspectives d’évolution de ce marché sont très encourageantes. Ceci est dû au durcissement de la réglementation thermique et aux effets du Grenelle de l’environnement. Au niveau régional, citons le travail de promotion effectué par le Comité National de Développement du Bois et par l’interprofession, ainsi que l’aide financière aux constructions économes en énergie accordée par la Région Poitou-Charentes.

B. & F. : Quels pourraient être les leviers pour augmenter régionalement la part du bois dans la construction ?

N. M. : En ce qui concerne la maison individuelle, il faut continuer à informer les gens sur les avantages de la construction bois en matière thermique, leur montrer que la meilleure réponse pour faire un Bâtiment Basse Consommation (BBC) réside dans les solutions bois. Il faut aussi leur proposer une offre de constructeurs compétents et sérieux, apportant des garanties de réalisation suivant les règles de l’art. C’est pourquoi nous avons lancé en 2009 une démarche qualité pour les professionnels. 14 entreprises y adhèrent actuellement et nous espérons en intégrer très prochainement de nouvelles. Une autre voie de développement passe par les logements collectifs. Nous devons prouver aux bailleurs sociaux par des exemples concrets, et il y en a, qu’il est possible de faire des logements bois BBC à des prix concurrentiels, voire inférieurs aux prix de la construction classique, pour une qualité de réalisation bien supérieure et dans des délais plus courts.

B. & F. : Quelles sont les perspectives d’utilisation des bois locaux ?

N. M. : Notre travail s’articule autour de deux axes. Premièrement, l’offre : s’assurer que le secteur de la première transformation propose des produits adaptés au domaine de la maison bois, pour que les charpentiers puissent continuer à travailler avec les sections usuelles, mais avec des bois locaux. C’est également développer de nouveaux produits, utilisant des essences implantées en Poitou-Charentes, apportant un « plus » technologique par rapport à ce qui existe actuellement. Je pense en particulier au nouveau panneau de lamibois de peuplier, matériau composé de placages minces de bois recollés à fil parallèle, qui a de grandes chances de se développer. Deuxièmement, la demande : il est essentiel de sensibiliser les gens au fait qu’acheter local, c’est soutenir le tissu socio-économique de son territoire, en plus de limiter l’impact écologique du transport.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
2ème trimestre 2010 70 L’Interview
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