Le maintien d’un mélange taillis - futaie permet de concilier une production de petits bois issus du taillis (piquet et bois de feu, …) avec une production de bois d’œuvre que l’on prélève régulièrement au sein de la futaie. Celle-ci est généralement irrégulière, c’est-à-dire composée d’arbres d’âges et de dimensions différents.
La gestion de ce type de peuplement est étroitement liée à la périodicité de la coupe du taillis ; de 25 à 30 ans pour le châtaignier à environ 35 - 45 ans pour les chênes et le charme. Et c’est au moment de la récolte du taillis que le propriétaire va pratiquer les différentes opérations qui vont assurer la pérennité de la futaie et lui procurer des revenus.
Il marquera en abandon les arbres de la futaie à enlever. Ce sont les arbres qui ont atteint les dimensions d’exploitabilité et tous ceux qui constituent une gêne pour le développement des sujets pleins d’avenir.
Les vieux arbres sans valeur comme les arbres creux ou dépérissants peuvent être conservés au titre de la biodiversité, s’ils ne constituent pas un danger ou une gêne pour le développement des arbres voisins.
Les tiges à conserver au sein du taillis seront désignées en réserve. Elles permettront d’assurer le renouvellement de la futaie. Pour un arbre ayant atteint le diamètre d’exploitabilité, il faut recruter quatre tiges de l’âge du taillis, tiges que l’on désigne sous le terme de petit bois ou baliveau. Les arbres ainsi désignés doivent avoir un houppier bien développé et être aptes à produire à terme du bois d’œuvre de qualité.
Pour concilier les productions du taillis et de la futaie, le nombre d’individus qui constitue cette dernière n’excédera pas 100 à 120 tiges par hectare afin d’éviter "l’étouffement" du taillis. Les arbres de la futaie peuvent être disséminés ou regroupés en bouquets. Mais seule la présence d’une futaie irrégulière permet de récolter des bois d’œuvre à chaque passage en coupe. Pour cela, on veillera à respecter un équilibre entre les classes de dimension (voir tableau).
| Dénomination | Fourchette de diamètre | Nombre/ha |
|---|---|---|
| Petit bois | 17,5 à 27,5 cm | 50-70 |
| Bois moyen | 27,5 à 47,5 cm | 25-35 |
| Gros bois | >47,5 cm | 10-20 |
La réalisation de la coupe se fait en deux temps. On débute par l’exploitation du taillis en réalisant une "coupe rase partielle". Il est en effet nécessaire de conserver des brins de taillis à proximité des réserves et des jeunes arbres de la futaie pour éviter les coups de soleil et l’apparition de picots ou de gourmands sur leurs troncs. Dans un deuxième temps, on enlève les arbres de la futaie qui ont été marqués en abandon, en prenant garde de ne pas détruire les régénérations naturelles qui pourraient exister sous les vieux arbres.
Actuellement la grande difficulté réside dans le renouvellement de la futaie et notamment lorsque l’essence diffère de celle du taillis. C’est particulièrement vrai en présence d’un taillis de châtaignier associé à une futaie de chêne. Dans ce cas, les jeunes semis sont souvent dominés par les rejets et détruits par manque de lumière. Les frottis et abroutissements des grands animaux aggravent le phénomène. Dans cette situation, un nettoiement vers 10 - 15 ans au sein du taillis permettrait de dégager 50 à 60 sujets de franc-pied par ha en supprimant les brins qui les dominent. Une autre solution consiste à réaliser une plantation d’enrichissement aussitôt la coupe de taillis afin d’assurer le renouvellement de la futaie.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Patrick Castano CRPF | 3ème trimestre 2008 | 63 | Technique |