Le Merisier est un fruitier forestier qui peut atteindre 15 à 20 m de hauteur. Son houppier est pyramidal et peu dense. Son écorce brun-rouge reste lisse et se détache ensuite en lanières horizontales. Les bourgeons sont ovales et brun-rouge. Les feuilles, alternes, sont glabres, molles, dentées. La floraison du merisier s’étale d’avril à mai, avant la feuillaison. Les fleurs blanches sont groupées en bouquets latéraux. Elles donnent des merises, petites cerises rouges ou noires.
Le Merisier, bien qu’arbre de demi-lumière à l’état juvénile, devient par la suite très exigeant en lumière et supporte mal la concurrence. Il demande plus de 700 mm d’eau bien répartis dans l’année. Les sécheresses estivales doivent être compensées par les réserves en eau du sol. Cette essence résiste bien aux grands froids mais est très sensible aux brusques variations de température et aux coups de soleil qui provoquent des nécroses de l’écorce. Le Merisier a un comportement plastique, tant vis à vis de la texture du sol qu’au niveau de son acidité. Il donne les meilleurs résultats dans les sols limoneux bien structurés à pH légèrement acide. Cette essence ne supporte pas l’hydromorphie, même temporaire, quand elle affecte les 40 premiers centimètres du sol. Son enracinement est traçant.
Le Merisier est une essence très appétante vis-à-vis des cervidés, qui consomment toutes ses parties aériennes (bourgeons, tiges, feuilles). Par ailleurs, les plants et les jeunes rejets sont souvent frottés. Plusieurs insectes, tels le puceron noir ou les chenilles défoliatrices peuvent l’attaquer. Il en est de même des champignons qui atteignent le feuillage (comme l’Anthracnose ou Cylindrosporiose), ou son bois de coeur, entraînant des pourritures blanches ou rouges. Le Merisier présente une croissance rapide qui est favorisée dans le jeune âge par la présence d’un abri latéral. Sa production oscille entre 3 et 6 m3/ha/an pour un âge d’exploitabilité voisin de 60 ans. Au-delà de 80 ans, la présence de pourritures du tronc devient systématique. Le bois du Merisier comprend un aubier distinct de couleur pâle et un duramen allant du jaune au brun rosâtre. Ce bois est mi-dur et facile à travailler. Ses usages sont variés : tranchage, ébénisterie, lutherie, tournerie, sciage, … Il peut néanmoins présenter des défauts, comme la veine verte, la fibre torse, des nœuds noirs et des pourritures.
Présent sur 2 500 ha en Poitou - Charentes, c’est un fruitier qui croît à l’état disséminé dans nos bois et que l’on rencontre fréquemment en bordure de forêt ou en lisière de parcelle. Essence peu sociable, le merisier ou cerisier des bois vit isolé ou en bouquets. Arbre à croissance rapide, sa dissémination naturelle se fait essentiellement par les drageons et les fruits. Les régions naturelles les plus adaptées à la croissance des merisiers sont la Châtaigneraie limousine, la Gâtine, les Terres rouges et dans une moindre mesure le Saumurois, le Loudunais, la Saintonge et le Montmorélien.
| Objectifs | Age d’exploitabilité | Densité finale par ha | Circonférence d’exploitabilité |
| Futaie sur taillis à objectif bois d’œuvre Itinéraire à privilégier dans le cas où le peuplement de départ est un taillis simple sur un sol à texture limoneuse dominante, dont la profondeur est supérieure à 60 cm et dont la charge en cailloux est faible | 60/70 ans | 60/80 tiges | 180/210 cm |
| Futaie régulière à objectif bois d ’œuvre Itinéraire à privilégier dans le cas de sols à texture limoneuse dominante, dont la profondeur est supérieure à 60 cm et dont la charge en cailloux est faible | 50/60 ans | 80/100 tiges | 160/180 cm |
| Opérations/situations | Enrichissement des taillis après coupe rase |
|---|---|
| Installations |
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| Entretiens | Passage annuel consistant à contrôler la végétation herbacée et la concurrence des rejets du taillis. |
| Taille de formation | En fin du printemps, éliminer les fourches de 1 ou 2 ans et les grosses branches latérales. Cette opération est à effectuer sur tous les arbres dès la 2ème année et jusqu’à une hauteur de peuplement de 8 - 9 m |
| 1ère éclaircie | Lorsque la hauteur du peuplement atteint 12 à 15 m, sélectionner 60 à 120 tiges par ha et éclaircir au profit des brins désignés : intensité 50 % |
| Élagage | Entre la mi-juin et la mi-août de chaque année, élaguer progressivement 150 à 200 tiges par ha jusqu’à 4 m puis 60 à
120 arbres par ha jusqu’à 6 m.
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| Éclaircies suivantes | Ces éclaircies s’effectuent au profit des 60 à 120 tiges désignées et élaguées. Ouverture d’un cloisonnement et éclaircie au profit des tiges d’avenir : rotation comprise entre 5 et 10 ans et intensité comprise entre 25 à 35 % du volume du peuplement (toutes essences confondues) |
| Opérations/Situations | Boisement de terrain nu |
|---|---|
| Préparation du sol | - Éventuel désherbage préventif en présence de graminées - sous-solage ou labour en plein ; - travail superficiel du sol (émiettage) ; - pose d’un paillage (facultatif) Toutes ces opérations ne sont pas systématiques. De plus, elles peuvent être combinées en fonction des conditions locales |
| Densité, plants ou graines | Plantation de 1100 à 1300 plants/ha dont 1/3 à 1/4 de merisier, le reste étant constitué d’une essence
d’accompagnement (à choisir en fonction notamment des conditions de station) ; concernant le merisier,
utiliser des plants à racines nues d’1 an, de provenance PAV 901 – France ou clones, sauf Beauvoir et Hautmesnil. Protection individuelle des plants fortement conseillée. |
| Entretiens | Travail superficiel du sol deux fois par an pendant deux ans puis destruction annuelle de l’herbe pendant 4 ans |
| Tailles de formation | Passage en taille annuel, en fin de printemps, sur l’ensemble des merisiers jusqu’à ce qu’ils atteignent 6 - 7 m de hauteur : éliminer les fourches de 1 ou 2 ans et les grosses branches latérales. |
| Première éclaircie | Lorsque la hauteur du peuplement atteint 12 à 15 m, sélectionner 60 à 120 tiges par ha (toutes essences confondues) et éclaircir au profit des brins désignés : intensité : 30 à 40 % du nombre total de tiges |
| Elagage | Entre la mi-juin et la mi-août de chaque année, élaguer progressivement 150 à 200 tiges par ha jusqu’à 4 m
puis 60 à 120 arbres par ha jusqu’à 6 m.
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| Eclaircie suivantes | A effectuer au profit des tiges sélectionnées : rotation comprise entre 5 et 10 ans et intensité comprise entre 25 et 35 % du nombre total de tiges |
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