Le noyer est un arbre précieux. Son bois est destiné aux usages d’ébénisterie les plus nobles. A l’état naturel les billes sont souvent courtes, branchues, flexueuses ou encore inclinées. Les tailles de formation sont des opérations indispensables pour obtenir des grumes de qualité.
L’objectif est d’obtenir une bille bien droite, sans branches avec un minimum de noeuds. La longueur des grumes pourra être de 2,5 à 4 m pour les noyers communs et jusqu’à 6 m pour les noyers hybrides ou noirs d’Amérique. La taille de formation doit favoriser l’axe vertical au détriment des branches axiales ou autres fourches.
Dans la pratique, on intervient dès la première ou la deuxième année. On observe les noyers, du haut vers le bas et l’on repère en priorité les fourches, les grosses branches, celles qui ont une insertion trop verticale ainsi que les verticilles trop chargés. La fourche est un défaut qui ne se corrige pas tout seul, il est donc primordial d’intervenir au plus vite. Les branches, grosses ou verticales, sont celles qui grossissent le plus vite. Elles sont à surveiller de près. L’idéal est de les supprimer avant qu’elles n’atteignent 2,5 cm de diamètre. Au delà de 5 cm leur coupe devient traumatisante et la cicatrisation longue et incertaine. Quant aux verticilles qui peuvent compter jusqu’à 5 ou 6 branches au même niveau, il est important d’anticiper en les prélevant progressivement.
Bien sûr il ne s’agit pas de couper en une seule fois toutes les branches qui ont ces critères. Il faut faire des choix et intervenir par ordre de priorité.
Les feuilles constituent le poumon de l’arbre. Le prélèvement ne doit pas dépasser le tiers du volume foliaire. Si la taille envisagée est trop importante, l’intervention pourra se faire en plusieurs passages au cours du même été.
La taille des arbres doit se faire entre le 15 juin et le 15 août. C’est là que l’arbre la supporte le mieux et que la cicatrisation est la meilleure. En dehors de cette période, le noyer sera exposé à des risques sanitaires, l’apparition de gourmands, le suintement de la plaie… La coupe doit être franche et nette, elle se fait avec un sécateur pour les branches de la taille du pouce et avec une scie (de type japonais) pour les diamètres supérieurs. L’utilisation d’une échelle ou d’un escabeau est recommandée pour enlever les branches hautes afin de garder toute la précision. La coupe doit se faire au ras du bourrelet cicatriciel, sans le blesser et sans laisser de chicot.
C’est aux alentours de 15 ans que vos noyers seront formés. Passé ce cap, il ne leur restera plus qu’à grossir. Pour les plantations installées en surdensité, ce sera l’époque des premières éclaircies.
Lorsqu’un jeune arbre vigoureux présente trop de défauts pour être taillé, il peut être coupé au ras du sol. Après ce recépage, l’un des rejets sera sélectionné pour former le nouvel axe.
| Auteurs et organisme | Date | N° | Rubrique |
|---|---|---|---|
| Isabelle BARRANGER CRPF | 2ème trimestre 2006 | 54 | Essences |