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- Le peuplier durement touché par la crise économique -

François CAILLAUD

François Caillaud est responsable sylviculture et gestion forestière de l’agence Poitou-Charentes de la Coopérative Forestière COFOGAR, les Forêts du Sud.

Bois et Forêts  : Quel est l’impact de la crise économique sur le marché du peuplier ?

François Caillaud : Il est malheureusement très important. Rappelons rapidement que le peuplier a deux utilisations principales, issues du déroulage : les panneaux contreplaqués, principalement destinés aux marchés du caravaning et du nautisme et les emballages légers, fournissant des cagettes, boîtes à fromage et autres caissettes à huîtres… Les industries correspondantes, principalement localisées en Poitou-Charentes, Val de Loire et Bretagne, sont en crise, avec des baisses de commandes très importantes. Certaines malheureusement disparaissent. Outre ces deux utilisations, le peuplier est également destiné au sciage avec un objectif palette. Là encore, la crise dans le bâtiment et la construction entraîne une forte chute de consommation du peuplier. Par voie de conséquence, les populiculteurs ont aujourd’hui de très grosses difficultés pour trouver un acquéreur pour leurs bois. Quand ils le trouvent, c’est souvent avec des baisses de prix significatives, de l’ordre de 20 à 30 %.

B. & F. : La tempête Klaus a-t’elle un réel impact sur le marché en Poitou-Charentes !

F. C. : Contrairement au pin maritime, il n’y a pas actuellement de flux de bois important remontant de la vallée de la Garonne et de ses affluents vers Poitou-Charentes. En effet, les bois disponibles dans ces régions sont principalement du I 214 et du Dorskamp, de trop faible grosseur pour satisfaire nos marchés régionaux. De plus, on constate actuellement une très forte demande des marchés italien et espagnol pour ces bois, livrés à des prix concurrentiels grâce aux aides au transport mises en place. Enfin, n’oublions pas que l’usine de contreplaqué de Damazan (Lot et Garonne) que nous installons en partenariat avec un de nos clients italiens va prochainement entrer en production et nous commençons à stocker les bois chablis par immersion afin d’alimenter cette nouvelle unité en 2010.

B. & F : Quelles sont, selon vous, les perspectives d’avenir pour la filière populicole ?

F. C. : Actuellement, le marché est très nettement à la baisse, mais il n’est pas réduit à néant. L’atonie de la demande actuelle est bien liée à la crise mondiale que nous vivons. Dans ces conditions, il est prudent de conseiller aux propriétaires de peupliers d’attendre des jours meilleurs pour mettre sur le marché leurs bois, sauf s’ils sont pressés de vendre. Malgré cette crise, nous restons optimistes sur l’utilisation future du peuplier et du bois en général. L’attente des producteurs pour mettre leurs bois en marché devrait être de courte durée, car la demande européenne en panneaux contreplaqués est en nette progression. Nous sommes convaincus que ce matériau sera dans les années à venir de plus en plus demandé car le consommateur final prend progressivement conscience du côté performant, naturel et écologique. La future mise en service de l’usine de contreplaqué XILOFRANCE de Damazan (47) est bien la preuve de notre optimisme, concrétisé par une prise de participation importante de COFOGAR dans le capital de cette nouvelle unité. Cette dernière constituera dans le futur un atout pour les populiculteurs de Poitou-Charentes.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
3ème trimestre 2009 67 3 Questions à
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